RDC : "64 ans d'indépendance, que du gâchis !"

L'opposant congolais Lubaya Claudel André


C'est en substance ce que déclare l'opposant politique Lubaya Claudel André dans sa tribune publiée ce dimanche 30 juin 2024, marquant le 64ème anniversaire de l'indépendance de la République Démocratique du Congo (RDC).

Ci-dessous l'intégralité de sa tribune : 

#RDC 64 ans d'indépendance, que du gâchis !

Ce 30 juin 2024, la RDC célèbre le 64ᵉ anniversaire de son accession à l'indépendance. Au-delà de la méditation évoquée, il est essentiel de porter un regard critique sur la situation actuelle de notre pays. Cet exercice me semble indispensable à bien des égards, pour ne pas réduire la portée historique de cette commémoration.

Qu'avons-nous fait du pays que les pères de notre indépendance nous ont légué ? Le Congo, transmis à notre génération comme un patrimoine à partager avec la jeunesse, est toujours en proie à l'incertitude quant à son avenir. Qu'avons-nous réellement accompli depuis notre indépendance ?

Il y a un peu plus de 5 ans, le 19 janvier 2019 marquait un tournant politique de notre histoire notamment par la passion pacifique du pouvoir qui avait dégagé un réel espoir et posé les bases d'un nouveau départ pour le pays. Surgissant sur fond de grave crise post-électorale de l'époque, cet espoir a rapidement cédé la place à la désillusion pour nos concitoyens. Faute de volonté politique, l’idéal du « peuple d’abord », une autre forme d’indépendance, n’a pas connu un début de matérialisation ; ouvrant la voie à l'inquiétude et à la déception pour ceux qui, aux quatre pièces du Congo, avaient rêvé d'un changement désormais hypothétique. Au cours de la dernière campagne électorale, personne n'a évoqué "le peuple d'abord". Et dans le programme du nouveau gouvernement, il n'en est pas fait mention. Comprendre qui pourra.

Comme la guerre de Troie, « le peuple d'abord » n'aura pas lieu. Ceux qui l'avaient prêché n'en parlent plus et ceux qui y avaient cru ont arrêté de rêver pour préserver leur santé mentale. Ceux qui ont osé le rappeler aux autorités, dans le cadre de la campagne « TOLEMBI PASI », notamment Gloria Sengha et Robert Bunda, l'ont informé à leurs dépens. Arrêtés le 17 mai, ils sont condamnés à une peine de détention arbitraire à l'ANR depuis bientôt deux mois. Au Congo et à travers le monde, des voix appelant à leur libération se multiplient. Une réponse ? Silence radio. C'est la seconde mort d'Etienne TSHISEKEDI, et le message est clair. Le peuple d’abord est une parenthèse définitivement fermée. Oser l'ouvrir est une infraction passible de détention au secret, à l'ANR. Tais-toi !

Oubliés, « l’état de droit » et sa jumelle, « la bonne gouvernance ». Ces deux concepts ne reviendront plus dans aucun discours officiel ! Ils en ont été bannis. Imaginons que des gens sont allés dans la rue et sont morts pour ça. A la place, les anti valeurs autrefois décriées ont refait surface, révélant de ce fait, la véritable nature du pouvoir issu de l'alternance. Des fléaux comme le tribalisme, le népotisme, l'instrumentalisation de la justice à des fins politiques, la corruption, l'enrichissement scandaleux et l'impunité ont atteint des proportions alarmantes, dépassant largement ce que notre pays avait connu auparavant.


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