img

Actualités

Santé

Plus de 20 femmes congolaises accusent des travailleurs de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) d'abus sexuels notamment, de 2018 à 2020 lors de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Les faits, prescrits, s'ajoutent à une très longue liste d'allégations visant des travailleurs humanitaires internationaux.

Déjà bien fournie, la fiche d'une enquête publiée par The New Humanitarian et la Fondation Thomas Reuters consacrée aux accusations d'abus sexuels visant l'OMS vient de s'enrichir de nouvelles victimes. Shekinah, 25 ans, qui a demandé que seul son prénom soit utilisé par peur des représailles, s'est confiée à l'agence presse (AP) : elle accuse un médecin de l'Organisation mondiale de la santé de l'avoir offert un emploi en échange de relations sexuelles.

« Quand il m'a demandé de coucher avec lui, compte tenu des difficultés financières de ma famille…. J'ai accepté », a déclaré Shekinah à l'AP.

Elle raconte que le médecin, Boubacar Diallo, qui se vantait souvent de ses relations avec le Directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait également offert à plusieurs de ses amis des emplois en échange de relations sexuelles.

Selon reuters, ces allégations interviennent alors que les donateurs font pression sur les organisations humanitaires pour qu'elles fassent davantage pour prévenir l'exploitation et les abus sexuels tout en apportant leur aide aux personnes les plus vulnérables du monde. Elles font suite à une enquête conjointe menée l'année dernière par des journalistes au cours de laquelle 51 femmes de la ville voisine de Beni, dans l'est du pays, ont porté des accusations similaires.

l'OMS était au courant des allégations d'abus sexuels

Selon toujours l'AP, un membre du personnel de l'OMS et trois experts qui ont travaillé en RDC lors de l'épidémie avaient individuellement informé la direction générale de l'organisme de ses préoccupations en matière d'abus sexuels autour de Diallo. ''Ils ont dit qu'on leur avait dit de ne pas aller plus loin avec cette enquête'', révèle l'AP.

Lors de ses investigations , l'AP a également retrouvé pour la première fois les noms de deux médecins accusés d'abus sexuel, Diallo et le Dr Jean-Paul Ngandu, tous deux signalés à l'OMS.

En réponse aux allégations de viol, de grossesse et de décès de la femme suite à des complications liées à l'avortement, l'OMS a déclaré qu'elle avait reçu l'instruction de transmettre à la commission toutes les allégations relatives à l'opération de lutte contre l'épidémie pendant cette période.

L'OMS a déclaré que le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) de l'ONU avait identifié deux femmes de Butembo comme ayant "potentiellement eu des relations d'exploitation sexuelle avec des personnes liées à l'OMS".

"La commission prendra l'initiative d'enquêter sur ces allégations et émettra des recommandations à l'intention du Directeur général," a déclaré la porte-parole de l'OMS, Marcia Poole, dans un courriel.

"Il est clair qu'il y a un écart entre le nombre d'allégations (que les journalistes) ont reçues et celles qui ont été signalées. Il peut y avoir un certain nombre de raisons à cela, depuis les mécanismes de signalement qui doivent être améliorés jusqu'à l'hésitation des victimes à s'exprimer."

La porte-parole de la commission indépendante, Kadidia Coulibaly, a déclaré que son équipe avait commencé à enquêter sur le terrain au début du mois de mai et que la commission prévoyait de publier son rapport à la fin du mois d'août.

Avec Reuters &AP

About Author

leave a comment

Powered by Google TranslateTranslate