lun. Déc 9th, 2019

Sankuru: «excuses», la brèche du Gouverneur ! Anatole Dilomba (Exclusivité)

307 Vues

La crise institutionnelle dans la province du Sankuru prend des allures plus en plus inquiétantes depuis quelques temps déjà !

Entre le Gouverneur de province, Joseph Stéphane Mukumadi et les députés provinciaux, la guerre est presque totale.

En effet, depuis l’investiture ratée de son Gouvernement par l’organe délibérant, le chef de l’Exécutif provincial est poussé vers la porte de sortie par les élus qui dénoncent le mépris du Gouverneur vis-à-vis de leur institution.

Sommé sans succès de rendre le tablier par les députés provinciaux, le numéro un du Sankuru a reçu dimanche un soutien de taille au sein même de l’hémicycle où un groupe d’élus ont produit une correspondance de retrait de confiance aux membres du bureau accusés de plusieurs maux dont la mauvaise gestion.

Pour cerner l’énigmatique crise institutionnelle du Sankuru, election-net.com a approché l’un des principaux acteurs de la crise.

Vice-président de l’Assemblée Provinciale du Sankuru, Anatole Dilomba revient ici sur les tenants et les aboutissants de la énième crise sankuroise qui risque de laisser des traces.

Ci-dessous, l’intégralité de l’interview exclusive.

Election-net. / Bonjour Monsieur Anatole Dilomba. Vous êtes Vice-président de l’Assemblée Provinciale du Sankuru, votre province est dans la tourmente depuis l’absence du Gouverneur à la plénière d’investiture de son Gouvernement que vous avez considéré comme étant un mépris vis-à-vis des élus, quelle est la situation réelle dans la province ?

Anatole Dilomba / La situation que nous vivons maitenant au Sankuru est provoquée délibérément par le Gouverneur MUKUMADI. En effet, je crois que le Gouverneur a planifié, en complicité avec certains milieux, le projet de dissolution de l’Assemblée Provinciale, mais sans qu’ils maîtrisent les contours pour y parvenir. Et c’est ça la vérité. Vous me donnerez raison. Maintenant, la situation est que c’est un groupe de députés qui s’attaque, pour besoin de la cause, et celà, dans les mensonges, au Bureau de l’Assemblée avec la bénédiction du Sieur St. Mukumadi. Si ce que les collegues avancent comme griefs etaient vrais, pourquoi attendre juste maintenant pour nous reprocher? Donc, nous sommes dans une mise en scène bien élaborée par le Gouverneur qui cherche à tout prix contrôler l’Assemblée dont il ne maîtrise pas la majorité. Voilà brièvement là où nous sommes.

Election-net./ Dans sa correspondance publié le vendredi, 30 novembre, le Rapporteur de l’Assemblée Provinciale du Sankuru, demandait à Joseph Stéphane Mukumadi de formaliser sa démission tacite causée par son absence à la plénière d’investiture de son Gouvernement, en quoi est-ce un gouvernement non investi pouvait-il démissionner?

Anatole Dilomba/ Quant à votre deuxième question, je tiens à vous informer que le fait pour le Gouverneur de ne pas se présenter à l’hémicycle à la date convenue et surtout de n’avoir pas informé ne fût-ce-que par courtoisie élémentaire, le Bureau qu’il ne se présenterait pas, la plénière a considéré cette attitude non seulement comme du mépris et de l’outrage, mais aussi, de la mission tacite de Sieur Mukumadi de son poste. La plénière etait prévue et convenue d’un commun accord pour son investiture bien qu’il avait déjà peur que son programme ne soit rejeté car les Députés étaient bien informés de son plan machiavélique de déstabiliser l’Assemblée en créant une crise institutionnelle qui aboutirait à la dissolution de celle-ci pour qu’il dirige seul la Province. Et donc, la de mission peut se faire même avant investiture si les conditions de l’investiture ne sont pas réunies. Notre Bureau n’a fait que demander au Gouverneur de formaliser sa démission pour permettre à la Province d’aller de l’avant. Il faut bien signaler que la décision du Bureau est celle de la plénière et non celle d’un groupe de Députés recrutés pour nuire au Gouverneur.

Election-net./ Présent à Kinshasa ensemble avec votre Président, Benoît Olamba, le Chef de l’Exécutif provincial avait produit, samedi 30 novembre, un communiqué dans lequel il dément sa démission et prévient qu’il n’en avait pas non plus l’intention, que vous inspire ces propos?

Anatole Dilomba/ Nous n’avons pas dit qu’il a démissionné, mais nous lui avons dit qu’il a manqué à ses obligations et par conséquent, il doit déposer formellement sa démission. Comme il ne le fera pas et il n’a même pas l’intention de le faire, nous comprenons qu’il est dans son schéma d’engager un bras de fer avec l’Assemblée Provinciale pour parvenir à ses objectifs. Par conséquent, nous ne croiseront pas les bras pour défendre les lois du pays et toutes les conséquences seront tirées au claire.

Election-net./ Dans cette crise, beaucoup y voient plus une manipulation politique de l’Assemblée Provinciale du Sankuru par des officines à Kinshasa pour faire tomber le Gouverneur qu’une réelle volonté des élus à vouloir changer les choses?

Anatole Dilomba/ Voir une manipulation politique de l’Assemblée par Kinshasa est une insulte aux députés qui se défendent contre une oligarchie qui s’installe calmement et stratégiquement à la tête de la Province sans que beaucoup ne se rende compte. Pourquoi lorsque Mukumadi cherche à déstabiliser l’Assemblée, ceux qui soutiennent cet argumentaire ne voient pas la manipulation de kin? Pourquoi seulement lorsque l’Assemblée se défend, que ceux-là parlent de la manipulation? Non, soyons justes. Il n’y a rien de manipulation. Au contraire, c’est le Gouverneur qui manipule tout le monde y compris certaines autorités. Nous avons la volonté de changer les choses chez nous mais pas dans l’anarchie, le clientélisme et le népotisme. Si le Gouverneur à été élu dans une Assemblée où il n’a même pas un Député, c’est parce que les députés voulaient le changement. Mais si Mukumadi revient avec les mêmes antivaleurs reprochées à son prédécesseur et que l’Assemblée dénoncent cela, il ne faut pas voir de la manipulation dans le chef des élus.

Election-net./ Le Sankuru est une jeune province, classée parmi les moins développées du pays à cause de son enclavement et généralement caractérisée par des tensions communautaires, redoutez-vous l’escalade en défaut d’une solution à la crise?

Anatole Dilomba/ Pourquoi envisagez-vous celà pour un petit problème entre institutions? Je ne suis pas de cet avis, sauf si Mukumadi le souhaitait. Je dois vous dire qu’il y a des gens dans son camp qui reçoivent l’argent pour intimider et combattre quiconque oserait s’opposer au Gouverneur. Donc, s’il y aura escalade, Mukumadi sera le responsable, car nous avons suffisamment des preuves de son machiavélisme.

Election-net./ Quelles sont les solutions possibles à la crise à votre avis?

Anatole Dilomba/ Les solutions sont soit que le Gouverneur revienne au sens de responsabilité en déposant sa démission, soit qu’il revienne présenter ses excuses tout en prenant l’engagement solennel de ne pas vouloir déstabiliser l’Assemblée Provinciale et de ne pas recourir aux anti valeurs reprochées jadis à son prédécesseur. Je crois que les choses reviendront à la normale.
Merci

Propos recueillis par José-Junior Owawa

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *