jeu. Déc 12th, 2019

RDC: qui contrôle la Gécamines?

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Plusieurs ONG congolaises, spécialisées dans le secteur minier, des finances publiques, de la lutte anticorruption et même de défense des droits de l’homme, ainsi que la société civile ne décolèrent pas après la reconduction d’Albert Yuma, un pilier du clan Kabila, à la tête du conseil d’administration de la Gécamines (Générale des carrières et des mines). Ces organisations ont protesté contre cette nomination, qui reflète, selon elles, une mauvaise gestion d’environ dix ans. Mégestion réfutée en bloc par la Gécamines d’Albert Yuma.

 Qui détient la majorité ?

Les dernières nominations au sein de la Gécamines créent des remous à l’Assemblée nationale de la RDC. Des députés du FCC, alliés du CACH de Félix Tshisekedi, ont contesté la légalité de ces nominations, créant une levée de boucliers chez leurs collègues de la coalition pro-Tshisekedi et même parmi les députés d’opposition. Dans le camp du nouveau chef de l’Etat, on signal que le directeur général, « celui qui va effectivement gérer les affaires courantes », Dany Banza, est un proche de Felix Tshisekedi. On assure surtout détenir la majorité des voix au conseil d’administration, grâce au soutien de nouveaux membres du conseil d’administration. C’est ce qui aurait certainement provoqué la colère du côté de Joseph Kabila. Parmi les neuf membres du Conseil d’Administration, deux sont issus de partis politiques, l’UDPS de Felix Tshisekedi et le PPRD de Joseph Kabila. Chacun a alors un observateur privilégié. Il y a aussi au moins quatre autres membres liés à la Gécamines, des collaborateurs d’Albert Yuma ou anciens employés, dont un proche de Dan Gertler, l’ami israélien de Joseph Kabila. D’après un expert congolais du secteur minier, il faudra néanmoins plus qu’une majorité de voix au conseil d’administration pour avoir le contrôle de la société, Gécamines. Parce que, visiblement depuis l’arrivée de d’Albert Yuma à la tête de la cette société, la présidence du Conseil d’Administration est parvenue à tout diriger. 

La société civile demande un audit

Pour la société civile, le véritable changement sera de voir des audits, des poursuites judiciaires et une gestion plus transparente de la Gécamines. Déjà soupçonné des détournements par des ONG et gouvernements occidentales, Albert Yuma qui était un prétendant majeur au poste de Premier ministre avait été écarté de ce poste par Félix Tshisekedi.Patron de la Fédération des Entreprises du Congo  (FEC), Albert Yuma est un des farouches défenseurs du nouveau code minier.

Olivier Kalume