RDC: L’assemblée nationale rompt le silence au sujet de la demande d’augmentation des émoluments des députés

Vue des députés Nationaux au-cours d'une séance plénière à l'Assemblée nationale ©presse Assemblée nationale

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La réaction de l’Assemblée Nationale se faisait attendre depuis l’apparition vendredi 12 juin sur les réseaux sociaux, d’une lettre du Premier Ministre demandant au Vice-premier Ministre et Ministre du Budget et le Ministre des Finances d’examiner la question relative à la demande de l’Assemblée Nationale d’augmenter les émoluments des députés nationaux de 2000 dollars américains le mois et par député ainsi que l’augmentation de 50% des frais de fonctionnement de cette chambre législative et la polémique qui s’en est suivie, enflammant les réseaux sociaux. Et c’est samedi 13 juin que l’Assemblée Nationale a décidé de réagir par l’entremise de son rapporteur Musao Kalombo Mbuyi Célestin.




Dans cette réaction qualifiée d’une mise au point, le rapporteur de l’Assemblée Nationale sans toutefois nier cette requête, se contente d’expliquer que leur démarche tire son origine dans le discours à la Nation du Chef de l’État qui selon lui, n’avait pas hésité de reconnaître le rôle du député national au sein de la communauté nationale.

Pour lui, ” la toile s’enflamme à tort, les plateaux des médias télévisuels sont inondés des beaux parleurs”, écrit-il, avant de s’interroger : ” Qui trompe qui”, face aux accusations qu’il qualifie des grossières contre les responsables de leur institution.

Il faut cependant savoir que sa communication n’est pas de nature à démentir l’information, mais plutôt de replacer le dossier dans son vrai contexte. Mais dans sa longue défense, il continue à appuyer qu’il faudrait améliorer les conditions du travail des députés nationaux, parce qu’ils méritent d’après lui, mieux autant que toutes les couches socioprofessionnelles. Il dit comprendre en substance que l’État congolais est appelé à améliorer les conditions de travail de tous les travailleurs publics.

Ci-dessous, la communication du rapporteur de l’Assemblée Nationale Musao Kalombo Mbuyi Célestin :

Mise au point sur l’éventuelle requête de l’Assemblée nationale au sujet de l’amélioration des conditions de travail du personnel administratif et des Honorables Députés nationaux

Il semble qu’avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, la rumeur l’emporte désormais sur la vraie information. C’est, en effet, la bombe à retardement du perpétuel souci de l’homme “animal social” de communiquer. L’Assemblée nationale aurait sollicité la révision à la hausse des émoluments des Honorables Députés nationaux et de l’enveloppe consacrée mensuellement au fonctionnement de son administration. D’aucuns oublient par ailleurs que le Chef de l’État, dans son discours à la Nation, n’avait pas hésité de reconnaître le rôle du Député national au sein de la Communauté nationale : “il est un acteur social amplement sollicité”.
La toile s’enflamme à tort, les plateaux des médias télévisuels sont inondés par des beaux parleurs.


Qui trompe qui? C’est la belle question qu’il faille se poser face à des accusations grossières dont l’anathème est jeté aux animateurs d’une institution prestigieuse. Il n’est pas question de démentir forcément l’information, mais plutôt il est impérieux de replacer le dossier dans son vrai contexte.
Qui n’a pas vécu le vote par les deux chambres du Parlement de la loi de finances 2020 dont le Budget s’élève jusqu’ici à hauteur de 11 milliards de dollars américain? Quand bien même il urge aujourd’hui de parler du Collectif budgétaire compte tenu de la crise sanitaire en présence. Lequel collectif budgétaire oblige la réduction du train de vie de toutes les institutions.

Nos vaillants élus nationaux méritent mieux autant que toutes les couches socioprofessionnelles dont les Professeurs d’universités qui sont les Éclaireurs de notre société, les Médecins, les Magistrats, les Enseignants…
Qui se rappelle des récentes paroles du Directeur de Cabinet du Chef de l’État affirmant à haute et intelligible voix, depuis la prison de Makala, que le salaire des conseillers à la Présidence de la République a été doublé et même triplé ? Quoi de plus si c’est une requête où une institution plaide à raison en faveur de son personnel administratif et des élus légitimes du peuple congolais ?

Il y a lieu de rappeler que chaque congolais servant la République par quelque job que ce soit mérite bel et bien une rémunération décente. C’est la Constitution de notre mère patrie – la loi des lois, qui le dit ainsi.

Question : qui devra croire que le Haut fonctionnaire mal payé honorera la bonne gouvernance envisagée dans le crédo des uns et des autres ? En substance, nous comprenons que l’Etat congolais est appelé à améliorer les conditions de travail de tous les travailleurs publics, les Honorables Députés y compris, les Professeurs, les Médecins…

Quand le congolais donne aveuglément du crédit à ce qui est émotionnel au détriment de la vérité, c’est une entorse à la matérialisation du combat pour un État de droit tant réclamé par tous. De toutes les années, les Honorables Députés nationaux ont toujours demandé à l’exécutif national d’améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants, militaires, policiers, magistrats, Professeurs d’universités…, pourquoi les leur ne doivent pas être améliorées?

Il est à noter que la requête de l’Assemblée nationale, si seulement elle est vraie, elle date alors de la session ordinaire de septembre 2019 et tire sa raison d’être de la loi de finances 2020 (dont l’exécution est malheureusement à dure épreuve), c’est-à-dire bien avant la pandémie du coronavirus qui a fini par anéantir l’activité économique. Il n’y a point donc de sujet qui puisse faire jaser lorsque ce qui se conçoit clairement s’énonce aussi clairement et les mots pour le dire coulent avec fluidité.
Ne gaspillons pas le temps à vilipender à tort les animateurs de nos institutions, construisons un Congo fort où les travailleurs sont rémunérés à leur juste valeur.

Honorable Prof Musao Kalombo Mbuyu Célestin, Rapporteur AN