mer. Juin 3rd, 2020

Ni la chloroquine, ni son dérivé l’hydroxychloroquine ne permettent de prévenir ni de guérir le coronavirus.

L'hydroxychloroquine. Illustration. ©Photo de tiers.

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Ni la chloroquine ni son dérivé l’hydroxychloroquine ne se montrent efficaces contre la Covid-19 chez les patients hospitalisés, constate une nouvelle étude britanique publiée par la révue médicale The Lancet ce vendredi 22 mai.

D’après les résultats de cette nouvelle étude, l’hydroxichloroquine et la chloroquine augmentent le risque de décès et d’arythmie cardiaque, prévient The Lancet, qui recommande au monde entier de ne pas les prescrire en dehors des essais cliniques.




Menée sur près de 15.000 malades, il s’agit de la “première étude à large échelle” à montrer une “preuve statistique robuste” que ces deux traitements qui font couler tant d’encre, “ne bénéficient pas aux patients du Covid-19”, déclare dans un communiqué le Dr Mandeep Mehra, auteur principal de l’étude publiée dans la prestigieuse revue médicale.

Ces patients ont reçu quatre combinaisons différentes à base de chloroquine (un antipaludéen) et d’hydroxychloroquine (prescrit contre la polyarthrite rhumatoïde par exemple) : les traitements étaient soit administrés seuls, soit associés à un antibiotique de la famille des macrolides.

L’étude a analysé des données d’environ 96.000 patients infectés par le virus SARS-CoV-2 admis dans 671 hôpitaux entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, sortis ou décédés depuis. Environ 15.000 d’entre eux ont reçu l’une des quatre combinaisons (chloroquine seule ou associée à l’antibiotique, hydroxychloroquine seule ou associée à ce même antibiotique), puis ces quatre groupes ont été comparés aux 81.000 malades du groupe témoin n’ayant pas reçu ce traitement.

Résultat, les quatre traitements ont tous été associés à un risque de mortalité bien plus élevé qu’au sein du groupe témoin (qui était de 9,3%) : 16,4% de décès pour la chloroquine seule, 22,2% quand elle était combinée à l’antibiotique ; 18% pour l’hydroxychloroquine seule, et 23,8% quand elle était associée au même antibiotique. Les auteurs estiment ainsi que le risque de mortalité est de 34% à 45% plus élevé chez des patients prenant ces traitements que chez des patients présentant des facteurs de comorbidité, c’est-à-dire de facteurs de risques.

Ils ont aussi découvert de sérieuses arythmies cardiaques graves plus fréquentes chez les patients recevant chloroquine ou hydroxychloroquine, surtout avec la combinaison hydroxycholroquine/macrolide (8% des malades contre 0,3% dans le groupe témoin). Le risque d’arythmie serait au final cinq fois plus élevé avec la prise de ces deux molécules, même si le lien de cause à effet n’est pas directement prouvé, expliquent les auteurs qui demandent une confirmation “urgente” via des essais cliniques randomisés (patients choisis par tirage au sort) avant toute conclusion.

Alors que plusieurs pays comme la RDC font usage de la chloroquine et de son dérivé pour traiter les malades testés positifs, l’étude recommande de ne pas administrer ces traitements en dehors des essais cliniques.

Rédaction /The Lancet

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