Maniema: “Forces vives” au coeur de la controverse au sein de la société civile

John Masimango et Stéphane Kamundala/photo montage ENET

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On en est encore loin de terminer avec la dualité au sein de la Société Civile forces vives du Maniema. Et pour cause, les deux comités se disputant la coordination de cette structure citoyenne se sont de nouveau illustrés par des actions contradictoires, la semaine finissante.

Tout commence le jeudi 30 juillet, lorsque Stéphane Kamundala dont la suspension provisoire des activités de son aile venait d’être levée, se présente à l’Assemblée Provinciale du Maniema, à la tête d’une délégation du comité dont il dirige, pour déposer une pétition demandant le départ du Gouverneur de Province. Parmi les griefs lui reprochés: “des indices sérieux de détournement, la dilapidation des ressources de la province”.

Devant la presse, il déclare que la pétition a réuni 100000 signatures de tous les 7 territoires de la province et les 3 communes de la ville de Kindu, et appelle les députés provinciaux à s’en approprier et de la transformer en motion de défiance contre le Gouverneur de Province Auguy Musafiri Nkola MIOMA, qui déjà visé par une motion signée au départ par 11 députés provinciaux, mais restés à 10 après le retrait par l’un d’eux, de sa signature.

Il ne fallait pas attendre longtemps, car 24 heures après, l’autre aile, conduite par John Masimango va se présenter là son tour, le vendredi 31 juillet au bureau de l’Assemblée Provinciale.

Se confiant à la presse, John Masimango explique qu’ils sont partis déposé au près de la Présidente de l’organe délibérant de la province, une correspondance, remettant en cause la pétition déposé auprès de son bureau par leurs adversaires, parce que selon lui, ils n’ont pas la qualité et les pouvoirs d’engager la Société Civile forces vives du Maniema. Du coup, le débat sur le comité bicéphale au sein de la Société Civile forces vives du Maniema est relancé, à Kindu.

Dans les rues, les gens n’hésitent pas à coller une aile ou une autre à un camp comme un autre, entre l’exécutif provincial et une partie des députés provinciaux qui veulent le départ du Gouverneur de Province. Approché Par election-net.com, l’analyse politique Georges Kasongo, estime que le conflit entre les deux comités porte sur le mot ” forces vives”.

Pour lui, ceci prendra fin, une fois que la justice rendra son jugement sur l’affaire entre ces deux camps qui se trouve pendante devant elle.”Ces deux personnalités se battent autour du nom ” Société Civile forces vives”, donc ce qui leur sépare, c’est le mot ” forces vives”, tout simplement.

Parceque chacun avoir sa société civile, tout le monde peut s’associer comme on peut, et ça s’appelle toujours Société Civile”, a-t-il dit.

De la pétition

Quant à la pétition déposée au bureau de l’Assemblée Provinciale du Maniema par le groupe dirigé par Stéphane Kamundala, il pense qu’elle ne pose aucun problème, parceque garantie par la constitution. Il considère en effet comme étant de la peine perdue, la précipitation de ceux qui contredisent.

Il précise cependant qu’il n’y a pas un nombre requis pour une pétition dans la législation congolaise. Le nombre de 100 000 signatures évoqué par plusieurs personnes à Kindu pour la pétition, est selon pour proposer de loi, a-t-il ajouté.

Et de poursuivre : ” Est-ce que à cause du mot ” forces vives”, un problème qui se trouve déjà devant les cours et tribunaux, on va annuler les efforts de plusieurs citoyens, on ne sait pas. Moi je pense que les gens ont manqué d’occasion pour se taire, et voir comment ça va aller.

Parce que cette pétition, ce n’est pas elle qui va destituer le Gouverneur de Province”.

De la persistance du conflit à la SOCIMA

Pour lui, en vertu du principe du droit selon lequel, “ce qui n’est pas interdit est autorisé”, ce conflit va perdurer, aussi longtemps que la justice ne s’y prononcera pas.

“(…) Tant que les cours et tribunaux n’ont pas formellement, expressément dit que le mot ” forces vives ne doit plus exister au Maniema, chacun qui se revendique sa paternité, peut continuer à l’utiliser. Nous croyons à cela, mais nous attendons la fin du conflit autour du mot forces vives”, a-t-il indiqué.

Il a terminé par appeler aux uns et aux autres, de calmer leurs ardeurs, de mettre un peu d’eau dans leur vin et d’attendre l’issue de l’affaire pendante en justice sur ce dossier.

Kilikumbi Lusumbasumba Isaac depuis Kindu