ven. Mai 29th, 2020

Haut-Katanga-Covid-19 : Des commerces ferment dans la cité frontalière de Kasenga

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Chaque jour, une vingtaine des barques, en provenance de Pweto, accostent au port de Kasenga dans la province du Haut-Katanga. A leur bord, des tonnes des poissons fumés importés de la Zambie, sont acheminés par les femmes dans cette cité située à 225 Km de la ville de Lubumbashi.

Mais depuis la fermeture des frontières, ce business, porté majoritairement par les femmes, a connu une chute libre. La clientèle a diminué drastiquement depuis un mois, s’inquiète Nadine, une cinquantaine révolue. Au dépôt où elle écoule sa marchandise, elle n’a réussi à vendre que le 1/3 de sa marchandise depuis le matin. Avec une voix inquiétante, elle se demande quoi faire.




” Généralement à pareille heure, nous sommes déjà à deux ou trois gros sacs vendus. Mais depuis qu’on a fermé toutes les routes, il nous arrive de vendre seulement qu’un sac par semaine. Et nous devons payer le dépôt, il n’y a plus de bénéfice”, s’alarme-t-elle.

La même inquiétude est partagée par les vendeuses dont le chiffre d’affaires a sensiblement baissé. Beaucoup ont carrément changé d’activité, explique Mujinga, assise devant l’étale des fretins.

” Papa, généralement ce dépôt grouille de monde. Mais depuis qu’on parle de cette maladie, On nous a compliqué en Zambie et ici, les gens viennent acheter au compte-goutte. Certaines de nos amies ne viennent plus. Elles attendent la fin de leur maladie, on dirait une maladie des démons”, s’inquiète-t-elle.

Au port de Kasenga, seuls des bidons d’huile végétale sont visibles. Les débardeurs chargent quelques camions. Un ralentissement d’activités se fait sentir, explique un agent de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA).

” La frontière est fermée. Il n’y a plus rien. Parfois, on ouvre une fois la semaine pour faire passer quelques produits vivriers comme l’huile végétale, la farine de froment ou encore la farine de maïs. Mais nous autres, on ne sait où donner la tête”, a indiqué ce douanier sous couvert d’anonymat.

La crise reste le maître mot. Certains commerçants ont mis la clef sous la porte. Ceux qui résistent veulent maintenir la clientèle mais aussi trouver quoi répondre aux besoins essentiels de leurs familles, a dit une vendeuse dans une quincaillerie sur l’avenue Lumumba.

“Nous sommes-là, car si on achète par exemple 20$, ça peut nous permettre d’acheter la bouffe pour les enfants. Mais c’est amer. Regardez, notre voisin a fermé et les autres ne viennent presque plus”.

Partout dans la cité, le port des masques n’est pas observé. Mais devant la majorité des commerces ouverts, des lave-mains sont installées. Le savon est substitué par le l’eau chlorée.

Chris Lumbu

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