Félix Tshisekedi: “J’ai entendu certains parler avec ironie ou crainte de la République des juges…”

Portrait du président congolais Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Ph. compte tweeter de la Présidence RDC

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Le discours du président de la République Démocratique du Congo prononcé à l’occasion de la célébration du 60 ème anniversaire de l’indépendance du pays a abordé autant des sujets touchant à la vie de la nation.

Chantre de l’État de droit dont il a fait sa marque de fabrique, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo n’entend reculer devant rien pour faire aboutir ses réformes engagées dans le secteur de la justice.

Le courage, disait Jaurès, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel. Notre pays a failli à son devoir de donner à la jeunesse une perspective crédible autre que de vouloir s’agglutiner au sein des institutions politiques et publiques, comme si leur avenir n’existait qu’en faisant de la politique. En soixante années, nous avons progressivement laissé notre classe politique se transformer en une sorte de mafia, et nous en avons fait le principal modèle de réussite pour cette jeunesse. Il est temps de changer de paradigme et de créer les conditions qui permettront à nos jeunes de devenir les principaux créateurs de richesses dans notre pays ; cette jeunesse talentueuse, pleine d’énergie et avide de savoir, pour laquelle nous avons engagé le pays dans la transformation digitale, à travers l’ambitieux Plan national du numérique Horizon 2025”, à déclaré le président congolais dans son allocution suivie par des millions de ses concitoyens à travers la télévision nationale.

“Depuis l’indépendance jusqu’à ce jour, notre pratique de la politique a eu pour principal effet de diluer ”l’efficacité, de diluer les responsabilités et, au final, de desservir au lieu de servir“, a poursuivi le chef de l’État congolais.

Pour Félix Tshisekedi, la lutte contre l’impunité, contre la corruption et les anti-valeurs, constituent les éléments centraux” de sa stratégie, sans lesquels tout réel espoir de changement est impossible.”

Face aux pesanteurs multiples, le Chef de l’État estime que dès lors que nous avons en toute conscience choisi de privilégier la réconciliation nationale pour mieux construire l’avenir et préserver la paix, la lutte contre l’impunité ne doit en aucun cas se transformer en vengeance, ni en chasse aux sorcières.De même, aucune réconciliation crédible ne peut être envisagée si nous continuons avec les pratiques anciennes de la corruption, de la ruse et du crime”.

Il précise en outre que son engagement pris devant son peuple, sa conscience et Dieu, “c’est de donner la chance à tous les congolais, sans exclusive, d’envisager l’avenir en toute liberté et en toute quiétude, mais sur de nouvelles bases morales”.

Il rassure également “qu”en aucun cas cet engagement ne peut signifier la poursuite de l’impunité. M’inspirant des saintes écritures, mon objectif n’est pas de voir les méchants périr, mais plutôt qu’ils changent, qu’ils soient sauvés et que le pays tout entier s’en réjouisse. A défaut, ils s’exposeront à la rigueur de la loi. Celle-ci étant faite pour révéler la faute, j’accorde à la restauration de l’Etat de droit la première des priorités dans mon combat pour l’édification d’un nouveau Congo“.

Parlant de l’hyper activités de l’appareil judiciaire du pays depuis sa prise des fonctions, le chef de l’État précise: “J’ai entendu certains parler avec ironie ou crainte de la République des juges. La réalité est plutôt que le pouvoir judiciaire demeure confronté à de nombreux défis en termes de ressources, de capacités et d’indépendance. La RDC ne compte actuellement que 1 magistrat pour 28 000 habitants, alors qu’un ratio minimum de 1 magistrat pour 5.000 habitants est
considéré comme étant la limite de la couverture requise par les standards
définis par l’Association Internationale des Magistrats. La dernière grande vague de recrutement des magistrats en RDC date de 2011. Nous avons donc un grand retard à rattraper
“.

Conscient de l’immense défi qui implique la relève de la justice, Félix Tshisekedi tente de calmer les esprits.

J’ai à cœur l’ensemble de vos aspirations pour un Congo meilleur, un
Congo paisible, plus juste et plus équitable. Qu’il s’agisse de la réforme en cours de la justice, que je compte poursuivre et approfondir, de l’indispensable rattrapage en matière d’infrastructures de base, de l’accès à la santé, de la pacification intégrale du pays ou de la préservation de l’environnement, le Congo a grandement besoin de ressources et de méthodes, pour poursuivre avec succès la mise en œuvre du programme pour lequel vous m’avez élu
“.

Le président de la république dit souhaiter “que l’expérience douloureuse révélée au cours du procès en rapport avec le Programme des 100 jours tourne définitivement la page de la longue série de projets et programmes qui, à travers l’histoire, ont donné lieu à d’importants coulages des ressources publiques en toute impunité. Je pense notamment au Projet de Bukangalonzo, aux multiples cessions d’actifs miniers, aux projets de construction d’infrastructures routières,
aéroportuaires et j’en passe. Le défi du Congo, le défi du peuple congolais,
c’est de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. A tout prix, nous
devons y parvenir et nous allons y arriver
“, martèle le chef de l’État congolais.

Felix Tshisekedi appelle son Gouvernement “à engager des réformes sur
l’ensemble de la Chaîne de dépense, afin que nos ressources publiques
soient désormais mieux préservées et mieux utilisées”.

Jose-Junior Owawa