UDPS :L’épreuve du pouvoir et la désunion

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À tout juste une semaine du rapatriement du corps d’Etienne Tshisekedi, ses héritiers s’illustrent de la plus mauvaise façon : en lieu et place de se montrer soudés pour pleurer leur père spirituel et lui offrir enfin une sépulture, ils se divisent sur une question juridique allant jusqu’à se donner en spectacle, obligeant la police à intervenir à coups de gaz lacrymogènes. C’était il y a un peu moins d’un mois.

Ce que l’on considérait comme le noyau dur de ce parti radical, se lézarde au contact du pouvoir. Il s’agit du pouvoir au sein du parti. Mais la crise elle même a un rapport avec l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi.

Le chef de l’État était aussi président de l’udps lorsqu’il a été élu. Étant appelé aux charges de l’État, c’est Jean Marc Kabund qui a pris son l’intérim. Mais, au sein du parti, les voix se sont levées pour exiger le respect des textes du parti, lesquels stipulent qu’en cas d’indisponibilité du président, un directoire prend la Direction du parti afin de préparer un congrès pour élire un autre président.

Mais Kabund ne l’a jamais entendu de cette oreille, parce que selon lui, on ne peut mettre en place un Directoire qu’en cas d’empêchement définitif du président du parti.


Dès lors, Kabund s’est mis à dos ses camarades, parmi lesquels Jacquemin Shabani et Victor Wakwenda. Ce dernier dirige la convention démocratique du parti (CDP). Wakwenda soutient que dans l’arsenal juridique de l’udps, aucun texte ne fait référence à la terminologie de président intérimaire.

Mais le président par intérim à fait fi de toutes ces protestations. Kabund a aussi nommé Augustin Kabuya au poste de secrétaire général du parti provoquant l’ire de ses camarades du parti.

Peter Kazadi s’est du coup ajouté au rang de contestataires. Le camp des durs de l’udps qui ont réussi à tenir le navire après la mort d’Étienne Tshisekedi jusqu’ à accéder au pouvoir, a du mal à parler de la même voix. Et les appels à l’unité de Félix Tshisekedi restent sans réponse concluante.

Mercredi dernier, c’était au tour des élus du parti d’appeler Kabund au respect des textes. Pour une formation qui a toujours prôné le respect du droit, ce spectacle est déshonorant. À une semaine des obsèques du sphinx, le clivage n’a jamais été aussi béant au parti de Limete. Et cela va laisser forcément des traces.
Ilunga M

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