« Outrage au Chef de l’État»: l’UDPS exige des poursuites judiciaires contre le député Charles Nawej.

Un partisan du parti d'opposition en République démocratique du Congo, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parle à un journaliste de l'AFP lors des obsèques d'Etienne Tshisekedi, au siège de l'UDPS à Limete, Kinshasa. Junior Kannah/AFP

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Après 24heures de silence, le parti présidentiel en République Démocratique du Congo(RDC), Union pour la Démocratie et le Progrès Social(UDPS) s’est exprimé ce dimanche au sujet de la polémique relative aux ordonnances controversées signées par le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi.

Ces décisions du président portant nominations des mandataires de quelques entreprises publiques fortement critiquées par des responsables du Front Commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président Joseph Kabila ont été également débouté par des élus FCC.

Dans son réquisitoire, le député Charles Nawej a fustigé ces ordonnances présidentielles jugées irrégulières prises dans un État d’inconscience. Le député semble avoir récolté un certain nombre des soutiens au sein de sa famille politique. Dans une séquence devenue viral sur les réseaux sociaux, la présidente de la chambre basse du parlement, Jeanine Mubunda, recommande au ministre du portefeuille de reporter l’excision de ces arrêtés dont la régularité est fortement contestée.

Une déclaration de guerre quasi certaine pour l’UDPS qui a fait une mise au point ce dimanche en exigeant des excuses publiques de la part de l’Assemblée nationale pour outrage au Chef de l’État.

« En ce qui concerne l’Assemblée nationale, exigeons d’elle les mea culpa qui seront lus par le Rapporteur de la chambre basse à l’attention de l’institution président de la République afin de maintenir et de favoriser le climat de paix entre les institutions», fait-on savoir dans ce communiqué qui invoque le principe de la séparation des pouvoirs publics consacrée dans la constitution congolaise. Dans le même document dont une copie a été transmise à élection-net.com, l’UDPS martèle sur le fait que l’Assemblée nationale a outrepassé ses limites en traitant des questions exclusivement réservées au seul Chef de l’État.

Ce qui ressemble à la tentative de déstabilisation des institutions et donc à la haute trahison. Concernant Jeanine Mabunda qui a présidé la plénière, le parti présidentiel lui reproche sa passivité malgré le pouvoir lui réservé par le règlement intérieur du parlement. L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social s’apprend particulièrement au député Charles Nawej qui a qualifié d’inconscience l’État d’esprit qui a gouverné le chef de l’État au moment de la signature des ces ordonnances controversées.

« En vertu de l’ordonnance Loi 300 du 16 décembre 1963 portant offense envers le chef de l’État, l’honorable Charles Nawej a commis l’Outrage au chef de l’État à travers un exercice abusif de la liberté de parole en traitant ce dernier d’inconscient publiquement à travers sa prise de parole».

Pour ce qui est de l’honorable Charles Nawej qui s’est rendu coupable l’Outrage à chef de l’État, nous demandons au ministère public d’appliquer l’article 74 de la loi organique numéro 13/10 du 19 février 2013 relative à la procédure devant la cour de cassation en constatant l’existence de l’infraction outrage à chef de l’État et de transmettre un procès-verbal y relatif à l’autorité compétente en la matière notamment le Procureur général près la cour de cassation pour que ce dernier ouvre une procédure en justice en saisissant le bureau de l’Assemblée nationale pour la levée de l’immunité dudit honorable pour que ce dernier puisse répondre de ses actes», renchéri la formation politique de Félix Tshisekedi qui exige à ses représentants au parlement de veiller à la concrétisation de ses exigences lors de la séance de ce lundi au risque d’être assimilés à des complices de la démarche de l’élu du FCC.

Cette polémique est devenue le caillou qui déforme la marche du pays à tel enseigne que les discussions entre le FCC et le CACH en vue de la formation du gouvernement ont dû être suspendues. Selon certains indiscrétions, Joseph Kabila et Félix Tshisekedi s’est sont rencontrés ce dimanche à N’sele, probablement pour tenter de trouver une solution à la crise, reste à savoir si ce tête à tête a pi faire avancer les choses.

José-Junior Owawa

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