Haut-Katanga: La forêt des “Miombo” serait-elle menacée ?

Innoncent Ombeni chef du projet "Gestions des fôrets de Miombo". Crédit Photo: Chris Lumbu/ElectionNet

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En marge de la journée mondiale des peuples autochtones, Élection-net s’est entretenu avec Innocent OMBENI, chef du projet” gestion des forêts de Miombo ” un projet qui s’inscrit dans la lutte pour sécuriser les communautés sur la terre des ancêtres. Mais sur le terrain, les efforts du ministère de l’environnement avec la FAO ne semble pas être du goût des tous.


Enet : Innocent OMBENI Bonjour!

Innocent OMBENI : Bonjour Monsieur !

ENET : Pourquoi protéger la forêt de miombo, est-elle menacée dans la province ?

Innocent OMBENI :Merci pour la question. Ce projet, c’est à la suite d’une étude qui a été menée et qui prouvait que ces forêts de Miombo subissait une pression causée par trois moteurs de déforestation. Le premier moteur, c’est l’agriculture sur brûlis. Le deuxième moteur, c’est la carbonisation et le troisième moteur ce sont des feux tardifs qui embrasent les forêts. C’est afin de donner une réponse à ces moteurs de déforestation. La FAO en appui au gouvernement congolais avait obtenu du Fond pour l’environnement mondial un financement quant à ce. Et le projet entend mettre en place système de gestion durable des forêts qui puisse permettre aux communautés d’une part de contribuer à la diminution de cette pression sur les forêts, la diminution de tous ces aspects qui tiennent au dioxyde de carbone et aussi de contribuer au bien-être des communautés à travers une gestion rationnelle des ressources forestières qui peuvent ramener aux communautés d’avoir un développement au niveau local.

Enet: Parmi les objectifs de ce projet, il était question de doter les communautés de titres fonciers, mais les communautés continuent d’attendre toujours. Où en êtes-vous ?

Innocent OMBENI : Le projet a été lancé depuis 2017, tout au long de cette année nous étions en train de faire une phase de communication sociale avec les communautés. Et à l’issue de cette phase, nous avons accompagné à peu près 27 communautés locales dans le processus de gestion durable des forêts. Et en accompagnement des communautés, nous avons introduit vingt et un dossiers de demande d’attribution des concessions forestières aux communautés locales et à ce stade le dossier reste pendant au niveau du gouvernorat de province parce que l’autorité provinciale doit prendre un arrêté provincial d’attribution de concession forestières aux communautés locales. Dans l’entre-temps et en attendant cette attribution, le projet s’attèle à accompagner les communautés à élaborer et à mettre en oeuvre des plans simples de gestion qui permettent d’élaborer des règles qui sont acceptées par la communauté afin que l’accès et le contrôle de l’utilisation des forets soient tenus par les communautés locales. C’est à ce stade que nous sommes en attendant la signature de ces arrêtés qui sécurisent foncièrement les communautés. Une fois que les arrêtés d’attribution sont signés par le gouverneur de province, les communautés locales, les peuples autochtones jouiront de leurs forêts et pourront les gérer. Et avec les plans simples de gestion, ils pourront programmer des activités qui permettent d’une part de gérer les forêts, de les exploiter mais qui permettent aussi de tirer les bénéfices de ces forêts en vue de mettre en oeuvre des projets de développement local au bénéfice des communauté pour améliorer leur conditions de vie.

Enet: Vous dites que cette attribution va bénéficier les autochtones, est-ce que présentement les autochtones ne jouissent de leur forêts ?

IO: Ce n’est qu’un secret de polichinelle que les communautés locales subissent une dépossession de leurs forêts au bénéfice de l’élite…les communautés n’ont plus d’espaces pour leurs activités champêtres ni pour exploiter le bois d’oeuvre ou les bois énergétiques parce qu’une grande partie de leurs forêts à été concédée à des gens beaucoup plus friqués. Donc les communautés se plaignent, voilà pourquoi notre projet a été bien accueilli par les communautés qui se disent que voilà une occasion de posséder un titre qui sécurise nos terres afin que demain ou après demain personne ne vienne avec un document pour dire que cette forêt m’appartienne

Enet: Est-ce que vous croyez encore à un aboutissement heureux de votre démarche?

IO: Il y a toujours de l’espoir ou sinon nous ne serions plus là pour piloter ce projet. Il faut avouer que les dossiers ont été déposés auprès de l’autorité bientôt une année, mais vous connaissez ce qu’il y a eu l’année dernière vers la fin avec les élections. Maintenant il y a des nouvelles autorités, elles ont été contactées par le secrétaire général à l’environnement car il faut pas oublier que c’est un projet du gouvernement. La FAO n’est qu’une agence d’exécution. Le Secrétaire Générale a contacté toutes les autorités. Le représentant de la FAO est venu ici et à rencontré toutes les autorités…l’autorité provinciale s’est montrée très positive quant à question de l’octroi des titres et nous espérons que cela sera fait dans un plus bref délai afin de permettre aux de jouir de leurs concessions forestières.

Enet : Innocent OMBENI, merci

IO: c’est à moi de vous remercie.

Propos recueilli par Chris Lumbu, correspondant ElectionNet Lubumbashi

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