Gratuité de l’enseignement en RDC: l’Assadho sonne l’alerte !

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Comme promis lors de sa campagne électorale, le chef de l’État congolais, Félix Antoine Tshisekedi se montre de plus en plus déterminé à matérialiser l’ambitieu projet de rendre gratuit l’enseignement au primaire en RDC dès la prochaine rentrée scolaire.

Cette initiative par ailleurs saluée par la majorité des congolais soulève quelques interrogations notamment sur la qualité des enseignements.

C’est ce qui pousse l’ONG de défense de droits de l’homme, Assadho, qui, à travers une tribune soignée par Jean-Claude Katende, son président envoyée à election-net.com, exhorte les différentes parties à veiller sur la qualité des enseignements en dépit de la gratuité.

Ci-dessus, l’intégralité de la tribune.

L’éducation, en général et l’éducation fondamentale en particulier, est un secteur vital pour l’avenir des individus et de la nation.

Une nation dont la population n’est pas éduquée n’a pas de meilleur avenir ou n’a pas d’avenir du tout. C’est pour cette raison que les nations qui ont de grandes ambitions investissent dans l’éducation de leur peuple et dans la recherche. Le budget qu’un pays consacre à l’éducation et à la recherche est un indicateur de ce qu’il est et de ce qu’il veut devenir. Donc, on ne doit pas blaguer avec l’éducation des individus. Il va de soi que les décisions que les dirigeants politiques prennent dans ce domaine et leur mise en œuvre appellent à un sens élevé de responsabilité de tous.

L’honneur va à Monsieur Félix TSHISEKEDI, Président de la République, qui vient d’activer l’article 43 de notre Constitution qui garantit une éducation obligatoire et gratuite, dans les écoles publiques, à tout enfant qui a l’âge d’aller à l’école primaire. Il vient ainsi de libérer les parents d’un lourd fardeau qu’ils ont porté depuis plusieurs années.
La gratuite de l’éducation primaire est ainsi acquise grâce à la détermination d’un homme, le Président Félix TSHISEKEDI. Il faut travailler maintenant pour la qualité de l’éducation.

Ceci exige plusieurs choses dont l’évaluation des enseignants qui ont donné des cours aux enfants depuis des années. Ont-ils le niveau exigé par une éducation de qualité ? Cette évaluation va conduire à la disqualification des uns et au maintien des autres. Le recrutement des enseignants selon des règles de sélection compétitive va s’imposer, sans oublier la mise à niveau de tous les enseignants par des formations régulières.

Il est aussi important que les conditions socio professionnelles des enseignants soient significativement améliorées (meilleurs salaires payés régulièrement).
Les effectifs dans les classes doivent être maintenus au niveau des standards de l’UNICEF pour permettre à l’enseignant de suivre chaque élève.

Dans les villages, le niveau de formation des enseignants doit faire l’objet de contrôle régulier parce qu’il y a beaucoup de détenteurs de diplôme d’État, sans niveau suffisant et sans compétence, qui y enseignent.

Enfin, les inspecteurs des écoles primaires doivent aussi faire l’objet de suivi et de contrôle parce-que parmi eux, il y a beaucoup de corrompus qui ne font pas correctement leur travail et ils impactent négativement sur le niveau de l’éducation.

Pour réussir la gratuite et la qualité de l’éducation primaire, il est clair que le Président de la République doit exiger des acteurs une feuille de route claire qui définit les étapes à réaliser pour assurer une éducation gratuite et de qualité. Une telle feuille de route doit mettre au centre des préoccupations non seulement l’enfant mais aussi l’enseignant.

C’est ça, le prix qu’il faut payer pour que la gratuite de l’éducation primaire ne devienne pas un cauchemar pour l’enfant et l’enseignant.

Fait à Kinshasa, le 30/08/2019
Me Jean Claude KATENDE

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