Exploitation illégale du bois rouge:les autorités coutumières brisent le silence (Exclusif)

Grume : village Malambwe, dépôt transit. © Chris L

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La coupe et l’exploitation du bois rouge dans la province du haut-Katanga n’a pas fini de donner des cauchemars aux autorités de la province et du pays. Depuis les récentes révélations de l’opposant Moïse Katumbi sur « une nouvelle exploitation illicite du bois rouge » dans la province du Haut-Katanga. Ces allégations ont été corroborées par le diocèse de Kilwa-Kasenga d’une part et en face les exploitants forestiers du Haut-Katanga ont opposé un déni de ces accusations qu’ils qualifient « d’élucubrations sans fondement car aucun arbre n’a été coupé depuis l’interdiction de 2017 ».

Face à ces controverses et versions croisées; Election.net propose une enquête exclusive sur ce dossier qui fait grincer les dents.

Allégations de Katumbi sans fondements

Moïse Katumbi Chapwe et le bois rouge dans la province du Haut-Katanga font une véritable histoire d’amour. L’ancien gouverneur de la province du Haut-Katanga a dénoncé la reprise de l’exploitation du Bois Rouge dans le territoire de Kilwa-Kasenga. L’alerte lancée par l’opposant Moïse Katumbi Chapwe qui faisait état de “crime écologique”.

Ces allégations faites en Mars dernier par l’ancien coordonnateur de Lamuka faites au village Malambwe laissent beaucoup de zones d’ombres. Les grumes sur lesquelles étaient montées Moise Katumbi Chapwe sont en réalité « un site de transit » pour l’exportation des bois coupés depuis 2017. Et les grumes décriées appartiennent à Monsieur Kabongo Ngoy, un beau-frère de l’ancien président de la République Joseph Kabila et considéré comme le principal exploitant du « mukula » confie le chef de groupement Katete de la chefferie de Lufira dans le territoire Kasenga.

Mulupa Mumba Ferdinand, chef de groupement Katete, territoire de Kasenga lors d’une interview accordée à ElectionNet le 27 Septembre 2019.© Chris L.

« Ces grumes que vous voyez ici appartiennent tous à Monsieur Kabongo Ngoy ; elles sont stockées ici comme centre de transit en attendant leur évacuation. Depuis un temps, on les acheminait ici mais là ils ont arrêtés suite à la décision des autorités. Je crois que cela est en lien direct avec le passage de Moïse Katumbi qui était monté sur ces bois là-bas pour fustiger l’exploitation du bois Rouge » a-t-il indiqué.

Grume : village Malambwe, dépôt transit. © Chris L

Ces grumes seraient du bois coupé il y a deux ans. Aucun arbre n’a été abattu depuis 2017 certifie Mulupa Mumba Ferdinand « Ces bois ne proviennent pas que de mon groupement. Ils ont été coupés dans d’autres groupements dont Sapwe, Kisamamba, etc. Ce sont des anciens bois que l’on rassemble ici. Mes services sont informés de tout ce qui se passe en brousse. On peut y descendre, j’insiste, aucun arbre n’a été coupé cette année ».

Grume : Village Kizabi.© Chris L

Certains bois luisent des fraîcheurs et seraient vraisemblablement coupés récemment. Mais en se rapprochant de près, il apparaît clairement qu’il s’agit plutôt des bois déjà coupé mais que les exploitants forestiers s’activent à y élaguer les parties brûlées par les feux de brousses afin de leurs redonner un certain éclat. Des bribes de bois qui jonchent le sol à côtés de ces grumes en témoignent.

Chris Lumbu

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