Ebola en RDC: Enfin deux traitements efficaces mis au point!

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Malgrès le climat de chaos et des violences incessantes, des scientifiques, des chercheurs et des médecins de la République démocratique du Congo ont-ils enfin trouvés un remède contre le virus Ebola?

Pour la première fois, l’espoir d’un traitement du virus Ebola se dessine, deux médicaments ayant augmenté significativement le taux de survie de patients dans le cadre d’un essai clinique en République démocratique du Congo, ont annoncé lundi les autorités sanitaires américaines, qui ont co-financé l’étude.

Alors qu’on avait déjà montré qu’un vaccin expérimental empêchait les gens de contracter le virus Ebola, la nouvelle est une première pour les personnes déjà infectées. “A partir de maintenant, nous ne dirons plus qu’Ebola est incurable”, a déclaré Jean-Jacques Muyembe, directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale en RDC, qui a supervisé le déroulement des essais sur le terrain.

C’est depuis novembre 2018, que les patients de quatre centres de traitement situés dans l’est du pays, où l’épidémie fait rage, ont été selectionnés au hasard à l’un des quatre traitements expérimentaux: un médicament antiviral appelé remdesivir ou l’un des trois médicaments utilisant des anticorps monoclonaux. Les scientifiques ont concocté ces grandes protéines en forme de Y pour reconnaître les formes spécifiques des bactéries et des virus envahisseurs, puis pour recruter des cellules immunitaires pour attaquer ces agents pathogènes.

Malheureusement les chercheurs ont decidés d’abandonner le traitement avec Zmapp et Remdesivir suite à l’inefficacité de ces derniers.

Cependant, les traitements REGN-EB3 (Regeneron monoclonal cocktail) et mAb114 “sont les premiers médicaments qui, dans le cadre d’une étude scientifique solide, ont clairement montré une diminution significative de la mortalité chez les personnes atteintes du virus Ebola”, a souligné auprès de l’AFP Anthony Fauci, directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses et des allergies, qui fait partie du NIH.

Parmi les quelque 500 personnes dont les données ont été analysées (sur un total de 681 participants), la mortalité est tombée à 29% avec le REGN-EB3 et à 34% avec le mAb114, a détaillé M. Fauci. Pour les personnes ne prenant aucun traitement, le taux de mortalité est compris entre 60 et 67%.

Ces deux traitements sont des anticorps monoclonaux qui agissent en neutralisant la capacité du virus à affecter d’autres cellules.

Les patients qui recevaient deux autres traitements dans le cadre de l’étude, Zmapp et Remdesivir, pourront faire le choix de changer pour ces deux médicaments ayant prouvé leur efficacité. Les taux de mortalité pour le Zmapp et le Remdesivir étaient respectivement de 49% et 53%.

Les autorités américaines ont ajouté que l’analyse définitive des données récoltées serait réalisée fin septembre ou début octobre, et que les résultats complets seraient ensuite publiés.

La RDC tend vers une avancée qui “sauvera des vies”?

Selon Jeremy Farrar, directeur de la fondation britannique Wellcome Trust, cette avancée sauvera “sans aucun doute des vies”.

“Plus nous en apprenons sur ces deux traitements, et la façon dont ils peuvent compléter la réponse sanitaire des autorités, dont la vaccination et la recherche des personnes ayant été en contact (avec les patients malades), plus nous nous rapprochons de la possibilité de faire passer Ebola d’une maladie terrifiante à une maladie évitable et guérissable”, a-t-il estimé.

Les médicaments à base d’anticorps monoclonaux sont devenus l’un des piliers de la médecine moderne, luttant contre diverses maladies, du cancer au lupus. Mais il faut plusieurs années des recherches inverse minutieuse pour les fabriquer. Zmapp, par exemple, a été développé en infectant des souris avec Ebola puis en collectant les anticorps produits par les souris contre le virus. Ces anticorps devaient ensuite être modifiés pour ressembler davantage à un anticorps humain, afin de ne pas provoquer de réaction immunitaire nefaste.

Sur ce, le NIH, les autorités sanitaires de RDC et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont félicité “l’équipe de personnes ayant travaillé dans des conditions particulièrement difficiles afin de mener cette étude à bien”. “C’est grâce à ce type de recherches rigoureuses, vite mises en place, qu’il est possible d’identifier rapidement et avec certitude les meilleurs traitements, et de les intégrer à la réponse d’urgence à Ebola”, ont-ils souligné. 

 

La rédaction

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