mar. Juin 2nd, 2020

COVID19-Mesures barrières à Kinshasa: le port de masque, une barrière pour les taximen motos (Exclusivité)

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Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo est l’épicentre de la maladie à coronavirus en RDC. La commune de la Gombe, épicentre de la dans la capitale est en déconfinement progressif, après un confinement de deux semaines. Ne peut y accéder que celui ou celle qui a un macaron remis par l’hôtel de ville.




Une partie de la Gombe

Étant, non seulement siège d’institutions mais aussi centre d’affaires et de négoces, Gombe perd du coup sa célébrité d’habitude suite à la présence du virus. Les affaires se tournent, d’office, vers d’autres communes de la capitale.

Le district de la Tshangu et le non respect de mesures barrières

Exceptée Gombe, la commune en déconfinement progressif, le reste des communes n’ont pas été confinées. Du coup, elles deviennent le centre d’affaires et de négoces.
Parmi elles, il y a la commune de Masina, dans le district de la Tshangu.

Avec la construction de trois sauts-de-moutons dans cette partie de la capitale, les affaires se portent bien pendant cette période de confinement dû au Covid19. Avec sa démographie, le non respect des mesures barrières devient récurrent.

Construction saut-de-mouton

Avec ses interminables embouteillages et bouchons dûes aux travaux de construction de ces passages à hauteur (sauts-de-moutons), les motos remplacent d’office les véhicules à cause de leur rapidité à se frayer le passage dans les embouteillages de nombreuses voitures. Et c’est ici que les mesures barrières contre le Covid-19, à l’occurrence, le port des masques, souffrent d’application chez le conducteur de taxi motos, appelés communément “Wewas”.

Le port d’un masque, une obligation mais…

Le gouverneur de la ville province de Kinshasa, Gentiny Ngobila, avait rendu obligatoire le port de masque pour réduire, tant soit peu, la propagation de Covid 19.

Dans un arrêté signé par l’autorité urbaine, les récalcitrants à cette décision devrait s’acquitter en payant une amande de 5000FC auprès des agents de la Direction Générale de Recettes de Kinshasa (DGRK) accompagné de la police avant de se voir payer et porter un masque sur place.

Le masque, un empêchement dans les affaires

Abordé par election-net.com pour se rendre compte de l’effectivité du respect des mesures barrières contre le Covid-19, Thierry Tuku, un taximan moto a fait savoir que le masque, au lieu d’être une barrière contre le virus est, au contraire, une barrière pour ses affaires.

Thierry Tuku, taximan moto

“J’ai porté ce masque deux fois seulement depuis qu’on l’a rendu obligatoire. Mais depuis, je ne le mets plus, il m’ empêche d’inviter le client à monter sur ma moto”, a-t-il dit.

Pour lui, le masque le rend non seulement sourd mais retarde même la perception au près du client.

“Avec le masque, je suis comme un sourd à l’arrêt, personne ne s’intéresse à moi, même si j’indique l’itinéraire le client n’entend même pas. Je suis donc obligé de crier, ce qui n’est pas facile. Du coup, je me suis décidé de ne plus le porter et les affaires marchent”, a dit Thierry Tuku.

Il renchérit, par ailleurs, que quand il portait le masque, il ne communiquait pas facilement avec le client et souvent le client prenait le large avec la somme qu’il lui devait.

Avoir foi en Dieu, seul remède pour le Covid19

Pour Thierry Tuku, existence ou non de la maladie, seul Dieu sauve et non les hommes.

“Ma force et mon réconfort, c’est Dieu. Tout ce que les autorités ont arrêté comme décisions contre cette maladie ne peuvent rien si Dieu n’a pas sa place. Donc moi, je prie Dieu pour que cela ne m’atteigne pas”.

Quel comportement devant les agents de l’ordre?

À Kinshasa, les agents de l’ordre, notamment la police, a reçu mission de faire respecter le port obligatoire des masques par la population. En cas de récidive, le récalcitrant devrait s’acquitter en payant 5000FC.

Pour Thierry Tuku, le taximan moto, payer cette somme pour n’avoir pas porté le masque, est une perte mais qui arrange la police qui va se la partager sans placer au trésor public. Il préfère prendre le large à leur approche.

“5000 FC c’est beaucoup d’argent, avec cette somme, je peux m’approvisionner en denrées alimentaires pour deux jours. Les payer pour n’avoir pas porter le masque, est un gaspillage. La police qui les perçoit se les partage et le trésor public ne gagne rien. Pour tout éviter, je fuis quand je le vois venir”.

Il sied de rappeler que c’est depuis le 10 mars que la pandémie de coronavirus a été déclarée à Kinshasa en particulier et en RDC en général. À ce jour, le pays est sous l’État d’urgence décrété par le chef de l’État. Parmi les mesures barrières décrétées par les autorités urbaines, il y a le port des masques obligatoire. À cela s’ajoute le nombre réduit de clients dans le transport en commun.

En ce qui concerne les taxi motos, ils ne devraient plus transporter deux personnes. Une personne seulement devrait être transportée et portée le masque pour éviter la contamination du virus.

Liévin LUZOLO

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