USA : Donald Trump se démarque de ses rivaux républicains sur l’avortement

Donald Trump. Ph de tiers


La soirée était douce pour Donald Trump. Washington a beau représenter le cœur de cet « Etat profond » fantasmé, supposément à ses trousses, l’ancien président avait fait le déplacement dans la capitale, le 15 septembre, pour assister à la soirée annuelle d’une organisation évangélique influente, le Family Research Council. 

Un électorat très courtisé à droite dans la perspective des primaires, qui lui a réservé un accueil triomphal. A une réserve près : un silence gêné lors d’un passage de son discours, celui consacré à l’avortement.

Un passage interminable, improvisé, souvent nébuleux et contradictoire, mais dont la tonalité générale était une mise en cause de l’approche la plus répressive de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) par les élus et par la base religieuse fervente du Parti républicain. Depuis que la Cour suprême a supprimé le droit d’avorter aux Américaines, en juin 2022, renvoyant la question à chaque Etat, ce sujet est un puissant facteur de mobilisation chez les démocrates. A chaque référendum local, les électeurs ont rejeté des mesures extrémistes, y compris dans des Etats conservateurs comme le Kansas et le Kentucky.

Lors des élections de mi-mandat en novembre 2022, le résultat décevant des républicains, malgré une courte majorité obtenue à la Chambre des représentants, était dû en partie à la participation importante des jeunes et des femmes, inquiets de l’offensive réactionnaire en cours. Depuis, les démocrates continuent d’obtenir de très bons résultats électoraux localement.

Problème « très délicat »

« Comme le président Ronald Reagan avant moi, je soutiens les trois exceptions pour le viol, l’inceste et la vie de la mère », a dit Donald Trump, s’inscrivant ainsi dans une lignée traditionnelle. Se félicitant de la fin de l’arrêt Roe vs Wade (1973), grâce aux trois juges conservateurs qu’il avait promus à la Cour suprême, l’ancien président a aussi estimé que ce problème était « très délicat ». « De nombreux politiciens qui sont pro-vie ne savent pas comment discuter de ce sujet si important pour les gens dans cette salle et si important pour des millions et des millions de personnes dans notre pays, a ajouté Donald Trump. Et s’ils ne savent pas en parler correctement, ils ne gagneront pas. »

Soutient-il l’idée d’une loi fédérale, fixant un délai maximum de douze ou quinze semaines à l’avortement ? M. Trump entretient volontairement la confusion sur ce point. « Mais maintenant, a-t-il dit s’adressant à l’assistance, soudain crispée, vous avez ce pouvoir énorme pour négocier quelque chose, et quelque chose sera négocié, car nous devons réunir notre pays sur ce problème. » Difficile de prôner un compromis devant des militants pour lesquels l’avortement est un combat idéologique absolu.

Avec haiti24.net

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