Tshopo : Un rapport conjoint des ONG révèle un vaste scandale minier dans quatre territoires

Symplice Kapipa, responsable ONG (PELDDH)



Un rapport explosif publié par deux organisations de défense des droits humains, l'Initiative pour la Protection des Droits de l'Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR-SOCIALE) et Patrice Emery Lumumba pour le Développement Communautaire, la Défense et la Promotion des Droits Humains (PELDDH), révèle l'ampleur d'un scandale minier qui ébranle la province de la Tshopo.

Lors d'un point de presse tenu ce jeudi 20 novembre 2025 au bureau du BCNUDH, Symplice Kapipa, a dévoilé les conclusions d'une enquête menée entre août et septembre 2025. Cette enquête portait sur la cartographie et le diagnostic des sites d'exploitation minière artisanale, semi-industrielle et industrielle dans les territoires de Bafwasende, Banalia, Basoko et Ubundu.

Selon le rapport, les données sont alarmantes : sur les 18 coopératives minières recensées, aucune n'est en conformité avec les exigences légales de l'État congolais ni avec la réglementation provinciale de la Tshopo.

Les ONG dénoncent un système totalement opaque, où « tous les minéraux extraits dans la province ne sont pas traçables », souligne Symplice Kapipa.

Il n'existe donc aucun mécanisme fiable permettant de connaître la quantité réelle d'or ou de diamant extraite, ni celle qui quitte la Tshopo vers d'autres destinations. Résultat : la province ne bénéficie d'aucune retombée significative de son potentiel minier.

Parmi les révélations les plus choquantes du rapport figure la dissipation de 20 kilos d'or interceptés par la police des mines et la division provinciale des mines dans le territoire de Banalia.

Selon l'enquête, les ressortissants chinois arrêtés avec cet or, ainsi que d'autres complices, ont été rapidement libérés sous pression hiérarchique, laissant planer des soupçons de corruption et de protection politique.

Chiffres accablants : des millions perdus pour la Tshopo

Entre 2015 et 2024, la province a été le théâtre d'une exploitation illégale massive, avec :

1. 4 243 719,1 carats de diamants, valorisés à 65 474 499,72 USD

2 . 207 033,71 grammes d'or, évalués à 18 528 290,91 USD

Malgré ces montants colossaux, la Tshopo n'a pratiquement rien perçu, les richesses ayant été capturées par des réseaux mafieux impliquant des étrangers, mais aussi des personnalités politiques nationales, locales et même certaines autorités traditionnelles, selon les ONG.

Face à l'ampleur du scandale, IPDHOR-SOCIALE et PELDDH formulent plusieurs recommandations clés :

1. Renforcer le contrôle parlementaire sur la gestion et l'attribution des permis miniers

2 . Recenser toutes les entreprises et coopératives minières actives dans la province

3 . Mettre en place un système informatisé de suivi et de traçabilité des minéraux (or et diamant)

4 . Suspendre et sanctionner les entreprises qui violent le Code minier

5 . Évaluer la gestion des taxes provinciales et des redevances minières

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