Photo d'illustration
La situation sécuritaire continue de se détériorer dans le territoire de Bafwasende, province de la Tshopo, où douze villages du groupement Bambodi, secteur Barumbi, ont été totalement désertés par leurs habitants. En cause : la proximité directe avec des positions présumées des combattants des ADF dans la zone forestière de Mambasa, en Ituri, à quelques heures seulement de marche.
Selon le député provincial élu de Bafwasende, Tryphen Mabikinyambey, qui a alerté l'Assemblée provinciale le lundi 1er juin, cette présence armée constitue désormais une menace frontale diffuse, difficile à contenir en raison de la porosité de l'espace forestier.
Les Forces démocratiques alliées ADF (Allied Democratic Forces) seraient installées depuis plusieurs mois dans certains villages du groupement Badumbisa, dans le territoire de Mambasa. Ces positions, selon plusieurs sources locales, s'inscrivent dans un environnement forestier continu qui repose naturellement sur les deux provinces sans véritable barrière physique ni dispositif de contrôle permanent.
Cette configuration transforme la frontière Ituri-Tshopo en zone grise sécuritaire, où les mouvements de groupes armés restent difficiles à détecter et à neutraliser.
Sous la pression de cette menace, les habitants du groupement Bambodi ont quitté massivement leurs villages. Les déplacés ont trouvé refuge principalement à Nia-Nia, au centre de Bafwasende et jusqu'à Kisangani, provoquant un afflux humanitaire progressif dans des zones déjà fragiles.
Sur le terrain, les conséquences sont immédiates : abandon des habitations, arrêt des activités agricoles et minières, et rupture totale de la vie communautaire.
Le député Mabikinyambey dresse un constat alarmant : les écoles sont fermées, les structures sanitaires ne fonctionnent plus et les foyers miniers ont été désertés. Cette désintégration des services essentiels confirme une dynamique classique enregistrée dans les zones sous pression des groupes armés : la perte de contrôle de l'État est d'abord sociale avant d'être territoriale.
« La population vide les villages sans qu'il y ait une réponse opérationnelle suffisante », at-il indiqué devant les élus provinciaux.
Les informations disponibles révélaient une mobilité des combattants, qui se déplaçaient depuis les zones de Bapere (Nord-Kivu), où ils sont ciblés par les opérations conjointes des forces armées congolaises et ougandaises dans le cadre de l'opération Shujaa.
Cette pression militaire aurait entraîné un déplacement progressif vers des zones moins militarisées, notamment les forêts denses de Mambasa et de Bafwasende, où les capacités de projection des forces régulières restent limitées.
Au-delà de la présence physique, des rapports locaux évoquent la circulation de tracts et de messages de menace attribués aux ADF, définis aux populations et aux autorités locales. Ces pratiques, souvent utilisées dans les stratégies d'intimidation, visent à accentuer la peur et à accélérer les déplacements de civils sans affrontement direct.
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