Tshopo : les dérives dans la gouvernance provinciale dénoncées auprès de Judith Suminwa

Photo d'illustration



La tension politique monte dans la province de la Tshopo. Dans une démarche qui pourrait avoir des répercussions jusque dans les plus hautes sphères de l'État, les députés nationaux Théoveul Lotika, Fontaine Mangala, Alu Assani et Laddy Yangotikala ont été saisis par la Première ministre Judith Suminwa pour dénoncer ce qu'ils qualifient de graves dérives dans la gouvernance provinciale.

Dans un document rédigé à la cheffe du Gouvernement, les quatre élus lancent un véritable cri d'alarme contre deux dossiers qu'ils jugent particulièrement préoccupants : l'instauration d'une fiscalité qualifiée d'oppressive pour les populations et la présumée spoliation de la Réserve forestière protégée de la Boucle de la Tshopo.

Les signataires affirment agir au nom de la justice sociale, de la protection de l'environnement et du respect des lois de la République. Selon eux, la situation actuelle est en contradiction avec la vision du Président Félix Tshisekedi, qui place le bien-être des populations, la bonne gouvernance et la préservation du patrimoine national au centre de l'action publique.

Une taxe controversée dans le viseur

Au cœur des critiques figure la Taxe de Voyage de Tourisme (TVT), dont l'application suscite une vive contestation dans plusieurs territoires de la province.

Les députés dénoncent une taxation imposée aux couches les plus vulnérables de la population, notamment les conducteurs de motos, les piroguiers et même les piétons, sans qu'aucune infrastructure touristique digne de ce nom ne soit développée en contrepartie.

Pour les élus, cette pratique constitue une charge supplémentaire pesant sur des populations déjà confrontées à de multiples difficultés économiques.

Ils parlent d'une véritable « asphyxie fiscale » qui fragilise davantage le pouvoir d'achat des habitants et accentue le sentiment d'abandon ressenti dans plusieurs localités de la province.

L'autre dossier soulevé par les parlementaires concerne la Réserve forestière protégée de la Boucle de la Tshopo, considérée comme l'un des principaux poumons écologiques de Kisangani.

Les élus accusent certaines autorités de procéder à un lotissement résidentiel au sein de cet espace protégé, en violation présumée du Code forestier et des normes de protection environnementale en vigueur en République démocratique du Congo.

Selon eux, cette situation menace directement un patrimoine naturel stratégique pour la biodiversité, la régulation climatique et l'équilibre écologique de la région.

Un appel à l'arbitrage du Gouvernement central

Face à ce qu'ils présentent comme des violations flagrantes des lois de la République et de la Constitution, les quatre députés nationaux demandent l'intervention urgente du Gouvernement central.

Dans leur correspondance, ils sollicitent l'arbitrage personnel de la Première ministre Judith Suminwa afin de mettre fin aux pratiques qu'ils jugent préjudiciables aux populations de la Tshopo et de garantir la préservation de la Réserve forestière de la Boucle de la Tshopo.

En portant le dossier directement devant la Primature, les élus nationaux placent désormais le Gouvernement face à ses responsabilités et attendent des réponses concrètes sur deux questions devenues hautement sensibles : la pression fiscale exercée sur les citoyens et la protection du patrimoine environnemental de la Tshopo.

Le dossier est désormais entre les mains de l'Exécutif national, dont la réaction sera scrutée de près par les populations de Kisangani et de toute la province.


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