Tshopo : la motion de défiance qui divise la population de Kisangani

Photo d'illustration



La tension est palpable à Kisangani. Depuis que la motion de défiance visant le gouverneur Paulin Lendogolia a été lancée à l'Assemblée provinciale de la Tshopo, la ville bruisse de débats, de spéculations et de frustrations. Dans les cafés, sur les motos, dans les marchés comme sur les réseaux sociaux, la question revient sans cesse : le gouverneur doit-il partir ou rester ?

Tout a commencé lorsque plusieurs députés provinciaux ont signé une motion de défiance accusant le gouverneur de mauvaise gestion et de manquements administratifs. Convoqué à la conférence du mercredi 22 octobre 2025 pour présenter ses moyens de défense, Paulin Lendogolia ne s'est pourtant pas présenté. Selon ses proches, il aurait quitté précipitamment Kisangani pour Kinshasa, répondant à l'appel de la hiérarchie. Un départ qui a semé le doute et ouvre la porte à toutes les interprétations.

Pendant ce temps, les députés motionnaires, accompagnés du président de l'Assemblée provinciale, se sont également envolés pour une consultation politique. Dans cette atmosphère de flottement institutionnel, la population reste partagée, oscillant entre colère, impatience et désillusion.

Au rond-point SGA, un jeune homme exprime son exaspération :

« Il y avait une pétition contre Mateus Kanga ici, et nous avons vu comment il s'était défendu devant les députés. Pourquoi le gouverneur ne ferait-il pas de même ? Il doit venir s'expliquer, surtout sur des dossiers flous comme celui du stade Lumumba. »

Plus loin, du côté de la résidence Équateur, un avocat livre une autre lecture :

« La Tshopo aura du mal à avancer avec cette instabilité politique. Nous changeons de gouverneurs sans arrêt. Comment espérer un développement durable si chaque dirigeant est chassé avant même de déployer sa vision ? »

Entre ces deux positions, le fossé s'élargit. Certains voient dans cette motion un acte de reddition de comptes nécessaire, un signal fort contre l'impunité politique. D'autres, au contraire, y perçoivent un instrument de déstabilisation orchestré par des intérêts divergents.

Dans l'attente du retour des protagonistes à Kisangani, le climat politique reste suspendu. Les habitants, eux, scrutent les prochaines heures avec une inquiétude contenue. Car, une fois de plus, la Tshopo semble se retrouver à la croisée des chemins, partagée entre la âme de justice et la crainte du chaos politique.

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