Après avoir gelé une partie de l’aide internationale et réduit le budget de l’USAID, l’administration Trump prépare une nouvelle offensive : taxer les transferts d’argent effectués par les migrants vers leurs pays d’origine. Une décision qui inquiète profondément les communautés africaines, tant aux États-Unis que sur le continent.
Selon une disposition incluse dans le projet budgétaire surnommé One Big Beautiful Bill, les envois d’argent effectués par les non-citoyens américains vers l’étranger seraient désormais soumis à une taxe fédérale de 3,5 %. Un surcoût qui viendrait s’ajouter aux frais de transfert habituels, déjà élevés.
Pour de nombreux pays africains, les fonds envoyés par les diasporas installées en Amérique constituent une source de devises vitale, bien plus stable que l’aide publique au développement ou les investissements étrangers. Au Nigeria, au Sénégal ou encore en RD Congo, ces transferts soutiennent l’économie locale, financent l’éducation, la santé et parfois l’entrepreneuriat.
« Nous sommes face à une mesure qui, si elle est adoptée, frappera directement les familles les plus vulnérables », alerte un économiste de la Banque africaine de développement.
Le principe est simple : pour chaque somme envoyée, les migrants paieraient une taxe additionnelle de 3,5 % au fisc américain. À cela s’ajoutent des frais de transfert oscillant entre 5 et 7 %, selon les opérateurs. Résultat : jusqu’à 10 % du montant expédié pourrait être perdu en taxes et commissions.
Pour une famille vivant en zone rurale, qui compte sur les 200 ou 300 dollars mensuels envoyés par un parent aux États-Unis, l’impact serait immédiat.
Au-delà de l’effet dissuasif sur les transferts, des spécialistes redoutent une montée en puissance des canaux informels. Le recours aux cryptomonnaies ou aux intermédiaires non réglementés pourrait exploser, avec tous les risques que cela comporte en matière de blanchiment, de sécurité et de fiabilité.
Du côté de la Maison Blanche, cette mesure s’inscrit dans une stratégie assumée de dissuasion migratoire. En rendant coûteux les transferts de fonds, l’administration Trump espère réduire l’attractivité des États-Unis comme destination migratoire, tout en consolidant ses positions auprès d’une partie de l’électorat hostile à l’immigration.
Mais ce choix purement politique pourrait bien fragiliser des millions de foyers africains qui n’ont, eux, jamais mis les pieds sur le sol américain.
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