Troubles en Guinée-Bissau : la présidence et le parlement s’accusent mutuellement

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En Guinée-Bissau, une semaine après les affrontements entre l’armée et des éléments de la garde nationale survenus dans la capitale, le président du pays Umaro Sissoco Embalo a accusé sur France 24 celui du Parlement d’être « derrière le coup d’État ». Domingos Simões Pereira a contre-attaqué sur RFI en dénonçant à nouveau « une tentative de coup d’État institutionnel » suite à la dissolution du Parlement décrétée par le chef de l’État le 4 décembre 2023.

En Guinée-Bissau, le président Umaro Sissoco Embalo a mis en cause nommément le président du Parlement d’être derrière les événements durant les premiers jours de décembre 2023. Des affrontements entre militaires que le chef d'État qualifie de tentative de coup d'État et qui l'ont conduit à prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale. Le 6 décembre, Umaro Sissoco Embalo a accusé Domingos Simões Pereira sur France 24 : « Mais c’est lui qui est derrière le coup d’État » a accusé le président Embalo, citant des écoutes téléphoniques. « Il n’y a aucun genre de lien qui doit lier le président du Parlement avec les militaires ou des policiers. En plus, plus grave, c’est quand il y a liaison entre le président d’un Parlement et le commandant de la garde nationale. »

Le chef de l’État poursuit : quand le procureur général de la République a arrêté l’ancien ministre des Finances et le secrétaire d’État du Trésor pour des détournements de fonds allégués d’un montant de dix millions de dollars, « le président de l’Assemblée a donné des instructions au commandant de la garde nationale pour aller les prendre dans les prisons de la police judiciaire, pour que l’enquête ne se poursuive pas. Parce que tout le monde le sait, il est mêlé à cette corruption. »

Le principal intéressé répond à ces accusations sur RFI : affabulations, dit en substance Domingos Simões Pereira. « Personne ne croit à cela, d’abord parce que j’étais en réunion avec trois autres éléments à ma maison quand on a appris que les deux ministres avaient été arrêtés, assure-t-il au micro de Laurent Correau. Et j’ai continué en compagnie de ces éléments jusqu’au moment où l’information est arrivée qu’il y avait eu un coup de force pour les libérer. Mais ce qui est aussi étonnant : aller prendre deux éléments qui sont arrêtés pour les transférer à la garde nationale, comment cela peut représenter une tentative de coup d’État ? Comme je l’ai dit depuis le début, monsieur Embalo avait besoin d’un cadre d’anormalité pour justifier le fait qu’il allait dissoudre l’Assemblée ».

Et Domingos Simões Pereira de réitérer : « Il n’y a pas eu de tentative de coup d’État. C’est maintenant qu’on a une tentative de coup d’État institutionnel envers l’Assemblée nationale populaire. C’est maintenant qu’on est en face d’une tentative de coup d’État. »

Avec RFI

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