États-Unis : Donald Trump se sépare de Mike Waltz après le Signalgate

Le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, Mike Waltz, fragilisé par l'affaire des plans militaires partagés par mégarde, quitte son poste, un premier départ de premier plan à venir dans la garde rapprochée du président américain depuis son retour au pouvoir. 

Le président américain a annoncé jeudi 1er-Mai qu'il va le nommer ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies. Il a dit également via son réseau social Truth que le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, assurerait l'intérim au poste de conseiller à la sécurité nationale. 

« J'ai le plaisir d'annoncer que je nommerai Mike Waltz comme prochain ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies. Depuis qu’il a porté l’uniforme sur le champ de bataille, au Congrès et, en tant que conseiller à la sécurité nationale, Mike Waltz a travaillé dur pour donner la priorité aux intérêts de notre nation. Je sais qu'il fera de même dans son nouveau rôle. Dans l'intervalle, le secrétaire d'État Marco Rubio assumera les fonctions de conseiller à la sécurité nationale, tout en poursuivant son leadership fort au sein du département d'État. Ensemble, nous continuerons à lutter sans relâche pour rendre l’Amérique et le monde à nouveau en sécurité. Merci de votre attention à ce sujet ! », a écrit sur son réseau Truth Social le président Donald Trump.

Annoncé sur le départ par la presse américaine, Mike Waltz était sous pression depuis mars, lorsqu'un journaliste du magazine The Atlantic a mis au jour une faille de sécurité majeure en révélant qu'il avait été ajouté par mégarde à un groupe de discussion à propos de frappes américaines imminentes contre les rebelles Houthis du Yémen, sur la messagerie Signal.

C’est lui, le conseiller à la sécurité nationale qui avait ajouté le journaliste à un groupe de discussion sur des frappes américaines contre les Houthis au Yémen. Un groupe comprenant le ministre de la Défense Pete Hegseth et créé sur la messagerie Signal. Une messagerie cryptée, mais privée et qui ne fait pas partie des outils approuvés pour discuter des questions relatives à la défense. On sait que Donald Trump avait été mécontent, mais qu’il avait indiqué vouloir voir comment l’affaire allait se dérouler. Mike Waltz, ancien officier des forces spéciales de l'armée américaine, avait endossé la « responsabilité » de l'affaire. 

On a appris ensuite qu’il échangeait sur des questions relatives à son travail via un service de courrier électronique privé et que son équipe avait créé d’autres groupes du même genre sur Signal. Plusieurs membres du conseil de sécurité nationale ont aussi été congédiés après la visite à la Maison Blanche de l’influenceuse d’extrême droite Laura Loomer. Devant toute l’équipe, elle avait mis en cause leur loyauté. D’ailleurs, après l’annonce du départ de Mike Waltz, elle a indiqué au média en ligne Politico que celui-ci a été « loomerisé ». 

Steve Witkoff, dont le président républicain a fait son émissaire pour les négociations avec la Russie, d'une part, et l'Iran et son programme nucléaire, d'autre part, est bien placé pour succéder à Mike Waltz, selon la presse américaine.

Mike Waltz face au Sénat

Pour qu'il puisse être confirmé dans son nouveau poste, l'ancien conseiller de Trump devra passer devant le Sénat américain. Et les démocrates l'ont déjà promis : ce ne sera pas une promenade de santé, car devant la Commission des affaires étrangères, Mike Waltz va subir un interrogatoire serré sur les 100 premiers jours du mandat Trump. La purge des hauts gradés de l'armée, la mise à l'écart des hauts fonctionnaires accusés de déloyauté, la suppression de l'USAID – l'agence d'aide au développement –, la bonne marche de la Maison Blanche.

Et des éclaircissements lui seront demandés sur la politique étrangère, car les élus démocrates réclament depuis des semaines plus d'informations sur les négociations entre l'Ukraine et la Russie. Il sera questionné sur les frappes américaines au Yémen ou sur les nouvelles barrières douanières, mais surtout, sur le Signalgate. Comment et pourquoi des éléments ultra-sensibles, comme les plans d'attaque du Pentagone, ont pu être diffusés hors des systèmes de messagerie sécurisés ?

Il devra répondre sous serment à toutes ces questions pour occuper une fonction que Donald Trump méprise. Le poste d'ambassadeur des États-Unis à l'ONU est vacant depuis plus d'un mois et le président n'avait jusqu'ici présenté aucun candidat.

Avec RFI 

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