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La Suisse, l’un des rares pays européens à avoir conservé le service militaire obligatoire, vote ce dimanche 30 novembre sur l’instauration d’un « service civique » qui rendrait l’obligation de servir universelle. Hommes et femmes seraient concernés, et pourraient accomplir leurs obligations non seulement dans l’armée ou la protection civile, mais aussi dans la protection de l’environnement ou l’aide aux personnes vulnérables. Malgré le contexte international, la réforme peine à convaincre.
En Suisse, les citoyennes et les citoyens se prononcent sur l’initiative « Pour une Suisse qui s’engage », lancée par une association genevoise, qui vise à revoir entièrement le système actuel. Aujourd’hui, seuls les hommes suisses résidant dans le pays sont tenus d’effectuer leur service militaire. Le texte propose d’instaurer un service citoyen obligatoire pour toutes les personnes de nationalité suisse.
Les Suisses de l’étranger ne seraient pas contraints d’y participer, mais pourraient s’y engager volontairement – comme ils peuvent déjà le faire pour l’armée. L’engagement devrait profiter à la collectivité et à l’environnement et pourrait prendre différentes formes : service militaire, protection civile ou autres missions de milice.
Les bureaux de vote ouvriront dimanche matin et fermeront à midi (10 heures TU). La majorité des bulletins étant envoyés par correspondance, les premiers résultats sont attendus dans l’après-midi.
Renforcer les effectifs, selon les partisans
Aujourd’hui, l’armée suisse compte environ 100 000 hommes, auxquels s’ajoutent près de 60 000 personnes engagées dans la protection civile, rapporte notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche. Le service citoyen vise à renforcer ces effectifs dans les deux secteurs, explique la sénatrice Johanna Gapany, l’une des élues favorables à cette réforme.
« Aujourd'hui, on n'a plus suffisamment de monde, tant dans l'armée que dans la protection civile pour, en cas de guerre, défendre le territoire. Et puis, en cas de catastrophes naturelles, par exemple, pour venir en aide à la population qui est touchée », explique-t-elle.
Le texte prévoit que les recrues puissent servir dans l’armée, mais aussi dans des missions liées à la protection de l’environnement ou à la sécurité alimentaire. Les femmes seraient, pour la première fois, soumises à la même obligation – une question d’égalité, selon ses défenseurs.
Effets négatifs sur l'économie
Les opposants ne contestent pas ce principe, mais mettent en avant son coût. Intégrer des dizaines de milliers de nouvelles recrues dans les structures actuelles exigerait, selon eux, des investissements considérables. « Beaucoup nous disent : “le jour où on nous attaque, la Suisse, c’est terminé en deux jours”. Ce n’est pas vrai », balaie Johanna Gapany. « Mais il faut des hommes et des femmes qui s’engagent. Si vous allez demander à Zelensky, il vous dira combien ça coûte de ne pas avoir suffisamment pour défendre votre territoire ».
Si les Suisses restent attachés à leur armée, les sondages prévoient une large défaite de l’initiative. Aucun grand parti n’a choisi de la soutenir. Selon la dernière enquête d’opinion réalisée deux semaines avant le vote, 64% des votants refuseraient l’initiative.
Une seconde initiative est également soumise au vote ce dimanche : portée par la Jeunesse socialiste (JS), elle propose d’instaurer un impôt de 50% sur les successions dépassant 50 millions de francs, afin de financer la transition écologique et réduire les inégalités.
Avec RFI
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