Le gouverneur de la province du Sud-Kivu, le professeur Jean-Jacques Purusi Sadiki, a ce dimanche 18 janvier 2026, a livré une communication solennelle à Election-net.com sur l'évolution de la situation sécuritaire dans la ville et le territoire d'Uvira, ainsi que dans l'ensemble de la province, à la suite des communiqués de l'AFC/M23 annonçant son retrait de la cité frontale.
Dans son adresse, l'autorité provinciale a tenu à rappeler que les accords de paix signés entre la République démocratique du Congo et le Rwanda y comprennent le dernier accord conclu sous l'égide du président américain Donald Trump entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame permettent un retrait unilatéral et inconditionnel des forces de la rébellion AFC/M23 appuyées par le Rwanda.
« Il n'appartient pas à cette rébellion de dicter les agendas ni d'imposer des conditions, comme la présence préalable de la MONUSCO. Les accords sont clairs », a insisté le gouverneur.
Présence résiduelle et risques sécuritaires
Malgré l'annonce du retrait, les services de sécurité provinciaux signalent que des éléments armés de l'AFC/M23 seraient restés dissimulés dans plusieurs quartiers d'Uvira, vêtus en civils mais toujours armés. Selon les autorités, l'objectif serait de semer l'insécurité à travers des actes criminels, des pillages et des violences, afin de créer l'illusion d'un chaos sécuritaire en l'absence du groupe armé.
Le gouverneur a également alerté sur des informations faisant état de mines antipersonnelles qui auraient été placées dans certaines zones pour piéger les forces de sécurité et les autorités politico-administratives appelées à regagner la ville.
Par ailleurs, des combattants seraient positionnés sur plusieurs hauteurs stratégiques, notamment Katongo, Kagongo, Makobola 1 et 2 ainsi que la montagne de Kivovo, avec des armes braquées sur la ville d'Uvira. D'autres éléments se répandraient à Sange, Luvungi et autour de la sucrerie de Kiliba, soit à une quinzaine de kilomètres seulement de la ville.
« Ils ne sont pas si loin que ça. Si cette situation se confirme, il s'agit clairement d'une violation du cessez-le-feu et des accords de paix, qui exigent un retrait au-delà de Kamanyola », at-il averti.
Appel au calme et à la vigilance
Face à cette situation jugée préoccupante, le gouverneur a appelé la population d'Uvira et du Sud-Kivu à la vigilance, au calme et à la discipline, en attendant des consignes officielles des autorités provinciales et nationales.
Il a également lancé un message fort contre toute tentative de manipulation communautaire, rappelant que le Sud-Kivu a toujours été une province de coexistence pacifique entre ses nombreuses communautés : Vachis, Regas, Banyamulenge, Bavira, Babembe, Bafuliru, Bahunde, ainsi que les Congolais originaires d'autres provinces.
Dénonciation d'une stratégie de victimisation
Jean-Jacques Purusi Sadiki a déclaré ce qu'il qualifie de stratégie de victimisation orchestrée par l'AFC/M23, accusant le groupe armé d'avoir contraint une partie de la population banyamulenge d'Uvira à quitter la ville sous la menace des armes.
Selon le gouverneur, des appels auraient été lancés jusque dans la diaspora et à Kinshasa, affirmant que les Banyamulenge seraient en danger en cas de départ du M23, une thèse rejetée par les autorités provinciales.
« Beaucoup nous ont appelés dans la nuit pour dire qu'ils étaient forcés de partir, la gâchette pointée sur eux. Ce n'est pas un départ volontaire, c'est une manipulation de la souffrance des populations », at-il déclaré.
Message aux populations déplacées
Le gouverneur a enfin précisé un message rassurant aux personnes contraintes de quitter Uvira, les appelants à revenir dès que possible afin de reprendre une vie normale.
« Vous allez rentrer. Nous allons tout faire pour garantir votre sécurité, afin que vous puissiez continuer à gérer vos biens, vos églises et vos écoles, comme avant », at-il conclu.
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires à l'est de la RDC, alors que les mécanismes régionaux et internationaux tentent de faire respecter le cessez-le-feu et d'éviter une nouvelle escalade militaire dans le Sud-Kivu.
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