Sud-Kivu : fin de la crise entre l'exécutif et l'Assemblée provinciale

Photo d'illustration


Le Gouvernement provincial du Sud-Kivu et l’Assemblée provinciale ont signé ce samedi 23 à Kinshasa un Acte d’engagement qui sonne comme un « cessez-le-feu » institutionnel. 

Face à une crise marquée par les tensions entre l’exécutif et l'organe délibérant, les deux parties ont choisi de mettre fin aux mésententes et privilégier le dialogue pour éviter le blocage de la province.

L’accord pose d’abord un constat d’urgence. La province traverse une période difficile marquée par l’évasion fiscale, l’insécurité persistante et l’irrégularité de la rétrocession des fonds. Dans ce contexte, Gouvernement et Assemblée s’engagent solennellement à arrêter tout conflit, réel ou potentiel, et à travailler dans un esprit de confiance et de redevabilité. 

L’objectif est de stabiliser les institutions provinciales pour répondre aux défis sécuritaires et de développement.

Sur le plan concret, l’exécutif provincial prend plusieurs engagements financiers et logistiques. Il s’engage à verser chaque mois une dotation équivalente à 115 000 USD pour le fonctionnement de l’Assemblée à Uvira. Il promet aussi de mobiliser des moyens pour la construction de 7 km de pavés à Uvira et 5 km à Baraka. Un Cadre Permanent de Concertation sera mis en place pour réunir le Gouverneur, le Bureau de l’Assemblée et les députés au moins une fois par mois. 

Le gouvernement s’engage également à protéger les députés et leurs familles, à faciliter leur mobilité avec un véhicule, et à payer le loyer du bureau de l’Assemblée et la résidence du Bureau définitif.

De son côté, l’Assemblée provinciale s’engage à respecter les procédures et à épuiser la motion déposée contre le Gouverneur pendant la session en cours, mais dans le cadre de l’accord. Les deux institutions conviennent de privilégier le règlement des différends par le dialogue direct et, en cas de blocage, de recourir à des personnalités originaires ou non du Sud-Kivu, avec la facilitation du Vice-Premier Ministre de l’Intérieur. Une évaluation trimestrielle est prévue pour vérifier l’exécution des engagements. 

La signature s’est déroulée devant plusieurs témoins, dont Vital Kamerhe, Modeste Bahati Lukwebo et Olive Namegabe Mudekereza, qui joueront le rôle de garants politiques.

Reste désormais à traduire ces engagements sur le terrain. Si l’accord est respecté, il pourrait donner un répit au Sud-Kivu et permettre aux institutions de se concentrer sur la sécurité et le développement. Dans le cas contraire, la méfiance risque de reprendre le dessus.

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