Procès de 6 militaires à Goma
Au quatrième jour du procès de six militaires congolais impliqués dans la répression d'une manifestation ayant fait une cinquantaine de morts le 30 août à Goma, un colonel de l'armée a pris la parole vendredi 8 septembre et a contredit les déclarations officielles du gouvernement.
Le témoin, dont l'identité n'a pas été révélée, portait son uniforme militaire en s'adressant à la cour militaire du Nord-Kivu.
D'après ce dernier, les militaires avaient déjà commencé à tirer sur les manifestants avant le lynchage d'un policier, qui était jusqu'ici considéré comme l'élément déclencheur du massacre.
Le colonel, chef du renseignement militaire de la province, déclare avoir constaté en personne que des militaires "cagoulés" avaient déjà abbatu cinq personnes et fait quinze blessés à la suite d'une attaque nocturne.
Ses informations, qu'il dit avoir transmises à sa hiérarchie, contredisent directement les versions antérieures fournies par plusieurs ministres congolais.
Le témoin a également accusé le principal prévenu, le colonel Mike Mikombe, commandant de la garde républicaine à Goma, de l'avoir empêché de négocier avec les manifestants et de l'avoir fait désarmer. Le colonel Mikombe, qui a aussi témoigné, nie les accusations et affirme avoir tenté de protéger le témoin.
Le procès se poursuivra samedi avec de nouveaux témoignages, dans cette affaire qui ternit l'image de Félix Tshisekedi.
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