RDC:Macron-Tshisekedi, la passe d'armes !

Le Président de la République Française, Emmanuel Macron est en visite de travail en République Démocratique du Congo (RDC) depuis le 03 mars 2023.

À 45 ans, le dirigeant français au pouvoir depuis 2017 a rencontré son homologue Congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, 60 ans, qui au destiné du plus grand pays francophone depuis 2019.

Alors que les deux hommes d'Etat se sont engouffrés dans un tête-à-tête de plus d'une heure au salon diplomatique du Palais de la nation pour évoquer des questions d'intérêts communs, les deux dirigeants ont eu du mal à dissimuler leurs divergences de méthodologiques pour la cessation des hostilités à l'Est de la RDC. 

M23/Rwanda, l'impasse de Macron

Partenaire privilégié du Rwanda de part leur coopération militaire que économique, le président français n'a pas réussi à condamner l'agresseur de la RDC attesté par les Nations Unies en dépit de l'attente d'une partie de la population qui soupçonne l'exagone de soutenir le pays de mille collines. 

"Ce n'est pas la France qui apportera la solution. Je le dis ici avec beaucoup de clartés et d’humilités. Et je pense que l’honnêteté c’est parfois la condition pour être heureux. Parce que si on attend trop de quelqu’un ou si on pense que c’est dans le sentiment qu’on pourra résoudre tous les problèmes, on sera tous malheureux. Je l’ai dit au président, je soutiens le processus, je fais confiance au président Lourenço ….”, a lâché Emmanuel Macron mettant les Congolais devant leurs responsabilités. 

"Pardon de le dire dans des termes aussi crus, vous n’avez pas été capable de restaurer votre souveraineté, c’est une réalité, il ne faut pas chercher des coupables à l’extérieur de cette affaire. Ce n’est pas une agression d’une puissance extérieure, ils sont soutenus par plusieurs puissances extérieures dans une logique de prédation. Ces groupes ont aussi des ressortissants qui sont de votre pays, c’est une réalité",

a tranché le dirigent français se contentant de promettre de sanctions en cas de non respect de l'engagement de cessez-le-feu par le M23.

Irrité, Félix-Antoine Tshisekedi officiellement satisfait des échanges avec son homologue a considéré que les engagements français sont encore au stade théorique, lui qui s'attendait à la claire condamnation du Rwanda suivie des sanctions câblées à l'encontre des auteurs de l'agression.

Élections, l'inévitable négociations avec les rebelles

Empêtré dans une guerre qu'il n'a pas vue venir, Félix-Antoine Tshisekedi n'a pas hésité d'évoquer hypothèse d'une perturbation du calendrier électoral à cause de cette guerre bien avant qu'il ait reconnu les négociations en cours avec les rebelles du M23, pour dit-il, privilégier la paix et donner sa chance à l'aboutissement du processus électoral. 

Par ailleurs confiante au processus de paix sous l'égide de la sous-région, Emmanuel Macron pense que la RDC doit compter sur elle-même avec un renforcement des capacités des FARDC. Une interpellation lancée à son homologue qui semble se fier à une solution diplomatique.

Une passe d'armes qui illustre le long entretien entre les deux hommes. Peut-on alors dire que c'est une visite ratée? C'est très tôt car Félix Tshisekedi tout comme Emmanuel Macron ont encore à mains les cartes à jouer dans cette affaire. 

Membre permanent du conseil de sécurité de l'Onu, la France a un mot à dire sur la diplomatie mondiale quant à savoir ce que la RDC propose en échange pour ce soutien. 

Son marché intérieur, ses minerais, sa position stratégique, Kinshasa dispose lui aussi des atouts non négligeables

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