Ph d'illustration
À l'occasion de la Journée nationale du « Génocost », célébrée ce 2 août, le Dr Denis Mukwege a rendu hommage aux millions de victimes des conflits armés qui endeuillent la République démocratique du Congo depuis près de trois décennies. Dans une déclaration, il a salué la reconnaissance officielle de cette journée de mémoire tout en soulignant qu'elle doit s'accompagner d'actions concrètes en faveur de la justice, de la vérité, des réparations et de la non-répétition des crimes.
Le Prix Nobel de la paix a rappelé que les violences, les massacres, les déplacements forcés, les violences sexuelles, le recrutement d'enfants et le pillage des ressources naturelles continuent d'affecter les populations, particulièrement dans l'Est du pays. Il a dénoncé la persistance de l'impunité et appelé la communauté internationale à réagir avec davantage de fermeté face aux atrocités commises.
Selon Denis Mukwege, les rapports des Nations Unies et d'autres enquêtes indépendantes démontrent le lien entre les conflits armés, l'exploitation illicite des ressources minières et les interventions d'acteurs étrangers. Il estime que les minerais stratégiques congolais demeurent au cœur des enjeux économiques et géostratégiques alimentant l'instabilité dans la région.
La déclaration évoque également les responsabilités internes, notamment la corruption, la mauvaise gouvernance et l'affaiblissement des institutions. Denis Mukwege critique par ailleurs le projet de révision de la Constitution, qu'il considère comme un facteur susceptible d'accroître les tensions politiques et appelle les autorités à y renoncer.
Réitérant son plaidoyer pour une justice transitionnelle, il demande la création d'un Tribunal pénal spécial pour la RDC, la mise en place de chambres spécialisées mixtes, ainsi que l'application des recommandations du Rapport Mapping des Nations Unies afin que les auteurs de crimes graves répondent de leurs actes.
Enfin, Denis Mukwege appelle l'État congolais à faire de la mémoire une véritable politique publique, notamment à travers la création d'un mémorial national et de lieux de mémoire dans les provinces touchées par les conflits. Il plaide également pour le renforcement de la traçabilité des minerais et la lutte contre les circuits illicites afin que les ressources naturelles de la RDC deviennent un moteur de développement plutôt qu'une source de conflits.
En conclusion, il exhorte les autorités nationales et la communauté internationale à mettre un terme aux violences, au pillage des ressources et à l'impunité, estimant que seule une paix fondée sur la justice, la vérité et la bonne gouvernance permettra à la RDC de restaurer durablement sa souveraineté et sa stabilité.
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