Général Jacques NDURU YCHALIGONZA
L'actuel Chef d'État-major général des opérations au sein des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), le général Jacques NDURU YCHALIGONZA occupe un poste qu'il avait dans la rébellion UPC, ça paraît étonnant, ce vaillant militaire de l'armée congolaise fut chef d’état-major de la rébellion précitée dans le passé aux côtés de Thomas Lubanga et Bosco Ntaganda
Des informations recoupées par Election-net-com renseignent que le général Jacques NDURU YCHALIGONZA est un Hema, originaire de la province de l’Ituri.
C’est un ancien rebelle du RCD-K/ML, puis de l’Union des patriotes congolais (UPC) et de sa branche militaire, les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), dirigée par Thomas Lubanga.
L'Analyste des questions sociopolitiques, sécuritaires et militaires, Jean-Jacques Wondo Omanyundu a dans une de ses recherches retracé le parcours du Général Jacques NDURU YCHALIGONZA en soulignant qu'il a d’abord servi au sein de l’armée du RCD-K/ML, l’Armée populaire congolaise (APC), dirigée à l’époque par Ernest Wamba dia Wamba.
Le RCD-K/ML n’a jamais été un mouvement cohérent en interne, tout comme la plupart des rébellions congolaises, il était déchiré par des querelles intestines, une ingérence venue de l’extérieur et un manque de consensus sur ses objectifs. Peu après son arrivée à Bunia, l’autorité de Wamba fut remise en cause par le commissaire général de son parti, Antipas Mbusa Nyamwisi, et par l’adjoint de ce dernier, John Tibasima.
Originaire de la province du Bas-Congo, Wamba était considéré comme un étranger en Ituri. Mbusa, un Nande du Nord-Kivu, et Tibasima, un Hema local, n’eurent donc guère de mal à l’évincer. Les deux communautés hema et nande représentaient sur le plan économique les deux groupes ethniques les plus influents de la zone placée sous le contrôle du RCD-K/ML.
Les trois protagonistes offraient un contraste frappant : un professeur d’histoire gauchiste qui avait passé une grande partie de sa vie aux États- Unis et en Tanzanie, face à deux hommes d’affaires locaux proches de personnalités influentes. Tibasima, qui était responsable des portefeuilles budgétaire, financier et minier, avait précédemment été PDG de la compagnie minière d’État, l’Office des Mines d’Or de Kilo-Moto (OKIMO), tandis que Mbusa était d’une famille influente sur le plan politique et avait été l’un des membres fondateurs du RCD-Goma en 1998.
Dès la fin de 1999, les rivaux de Wamba se mirent à poser les jalons de leurs zones d’influence. Tibasima commença par recruter des jeunes en vue d’une formation militaire au camp de Rwampara, près de Bunia, et Mbusa en fit autant au camp de Nyaleke, près de Beni. Les deux hommes recrutèrent essentiellement en fonction de facteurs ethniques, même si les soldats de Mbusa se composaient principalement de Nande et de Lendu. Dans les deux camps, les recrues furent entraînées par des officiers de l’UPDF.
Tout comme Lotsove, Mbusa et Tibasima obtinrent le soutien de l’Ouganda en nouant des relations d’affaires avec le brigadier Kazini et le général Salim Saleh, demi-frère influent du Président ougandais Yoweri Museveni. Ils les aidaient en échange à bénéficier des ressources naturelles du Congo.
En Juillet 2000, des commandants Hema de l’APC lancèrent une mutinerie pour protester contre ce qu’ils percevaient comme la position pro-Lendu de Wamba, prenant alors le nom de Force mobile Chui («léopard ») (FMC). Wamba s’empressa d’attribuer cette révolte à Tibasima. Étant donné que, non seulement la FMC était le précurseur de l’UPC, mais surtout qu’elle amena Thomas Lubanga sur le devant de la scène, des explications supplémentaires semblent nécessaires. Le commandant Bagonza fut le premier à se mutiner avec ses troupes, attaquant les postes de l’APC à Nyankunde et à Marabo. D’autres commandants Hema, dont Tchaligonza Nduru et Floribert Kisembo, rejoignirent Bagonza dans son maquis, de même que plusieurs commandants Tutsi de l’APC, notamment Bosco Ntaganda. Ils collaborèrent avec Yves Kahwa, chef coutumier de la chefferie de Bahema-Banywagi en territoire de Djugu. C’est à Mandro, chef-lieu de cette chefferie que la FMC établit son état-major. Ce lieu devint plus tard le principal centre d’entraînement de l’UPC.
Comment le général Jacques NDURU YCHALIGONZA est arrivé dans les FARDC ?
Le Général Jacques Nduru sera incorporé dans les FARDC à la suite du processus de « brassage » opéré entre les éléments de l’armée loyaliste, les forces rebelles et les groupes armés.
Il avait suivi une formation militaire élémentaire en Ouganda par l’UPDF, l’armée ougandaise, mais après sa défection du RCD-K/ML, il sera en contact avec les rebelles hema et tutsi de l’UPC, soutenus par le Rwanda.
Jacques Nduru a exercé les fonctions de chef d’état-major de la rébellion UPC dirigée par le chef et criminel de guerre Thomas Lubanga condamné par la CPI en juillet 2012. L’UPF était une rébellion armée quasiment monoethnique constituée de ressortissants de l’ethni Hema, appuyée par l’armée ougandaise où a évolué également un autre chef de guerre Bosco Ntaganda, communément connu sous le pseudonyme de « Terminator ».
Selon les documents de condamnation de Bosco Ntaganda à la CPI : « A la fin de l’année 1999 et au début de l’année 2000, Bosco Ntaganda a fondé un groupe armé appelé la « Chui Mobile Force », composé principalement de dissidents de la branche militaire du RCD-K/ML, dénommée l’APC. Outre Bosco Ntaganda, qui en était le chef, la Chui Mobile Force comprenait des hommes tels que Floribert Kisembo et Nduru Tchaligonza, qui sont devenus plus tard des membres des FPLC, future branche militaire de l’UPC. Les membres de la Chui Mobile Force étaient principalement hema et tutsi. Ils avaient quitté l’APC car ils estimaient que ce groupe armé se rangeait du côté des Lendu et faisait preuve de discrimination envers les Hema.
Après le brassage des FARDC, par ordonnance présidentielle du 15 juin 2007, le président Joseph Kabila nomme le général de brigade Jacques Nduru au poste de commandant de la base militaire de Kitona. Il occupera cette fonction jusqu’en 2013 avant de devenir le chef d’état-major de la Première Zone de défense jusqu’en 2017.
Pour rappel, une Zone de Défense est une entité territoriale inter-forces dans laquelle des unités Terrestres, Aériennes et Navales opèrent sous un commandement unique. La Première Zone de Défense englobe la ville de Kinshasa et les anciennes provinces administratives de Bandundu, de Bas-Congo et de l’Equateur. De 2017 à 2018, il va exercer les fonctions de Commandant adjoint
adjoint chargé des opérations et renseignements de la Troisième Zone de Défense qui englobe les provinces administratives du Maniema, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’ancienne Province Orientale.
Vers le mois de mai 2002, les FPLC, nouvelle branche militaire de l’UPC, avaient commencé à recruter activement et à former des recrues au camp d’entraînement de Mandro. En juillet 2002, elles s’étaient procurés suffisamment d’armes, livrées par voie aérienne depuis le Rwanda, pour armer l’ensemble des 1.800 à 2.000 recrues présentes à cette époque à Mandro. Au début du mois de septembre 2002, le Président de l’UPC, Thomas Lubanga, a officiellement établi les FPLC comme branche armée de l’UPC. Thomas Lubanga était lui-même le commandant en chef des FPLC. Il a nommé Floribert Kisembo au poste de chef d’état-major général, et Bosco Ntaganda au poste, directement en dessous, de chef d’état-major adjoint chargé des opérations et de l’organisation. L’accusé a occupé ce poste jusqu’au 8 décembre 2003, date à laquelle Thomas Lubanga a limogé Floribert Kisembo et nommé Bosco Ntaganda chef d’état-major à sa place.
La structure organisationnelle des FPLC s’apparentait à celle d’une armée conventionnelle, se caractérisant par une subdivision géographique et une répartition en brigades et bataillons, ainsi qu’en unités plus petites. Les FPLC utilisaient des systèmes de communication divers et les ordres étaient communiqués par radio et consignés dans des registres.
Dans les centres d’entraînement, les recrues de l’UPC/FPLC étaient formées au maniement des armes tant lourdes que légères. S’agissant des armes lourdes, les recrues et les soldats de l’UPC/FPLC ont aussi été formés au Rwanda. À la fin de leur formation, les recrues recevaient une arme individuelle.
Dans ses conclusions, la Chambre de première instance VI de la CPI a conclu que Bosco Ntaganda et d’autres chefs militaires de l’UPC/FPLC, notamment Jacques Nduru, Thomas Lubanga et Floribert Kisembo, ont travaillé ensemble et ont convenu d’un plan commun visant à chasser tous les Lendu des localités ciblées pendant leur campagne militaire contre le RCD-K/ML.
Depuis 2018 jusqu’à sa nomination à la tête du commandement des opérations Sukola 1, le général Jacques Nduru a exercé les fonctions de commandant des opérations du secteur Sukola 2, avec son poste de commandement basé à Rutshuru. Comme Commandant du secteur opérationnel Sukola 1, son QG est installé à Bunia, une zone qu’il connait bien pour y a voir évolué en tant que rebelle. Le général Jacques NDURU YCHALIGONZA est longtemps resté au grade de général de brigade (une étoile) depuis 2007.
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