Le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) a annoncé le lancement d’une campagne ambitieuse intitulée "Mon argent, ma responsabilité". Cette initiative vise à renforcer la redevabilité des autorités dans la gestion des fonds publics alloués aux infrastructures en République Démocratique du Congo (RDC). Christelle Nsimba, chargée de communication du CREFDL, a accordé une interview exclusive à Election-net.com pour en détailler les contours.
La campagne cible deux volets principaux :
1. Les projets du pouvoir central, notamment les routes.
2. Les fonds transférés aux provinces et aux Entités Territoriales Décentralisées (ETD), comme ceux du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T).
Selon Christelle Nsimba, "60% du budget national est consacré aux investissements, mais l’impact sur le terrain reste faible. Les infrastructures livrées, comme celles du PDL-145T, soulèvent des questions de qualité et de gestion opaque."
La campagne, qui s’étalera sur trois mois, misera sur une stratégie médiatique diversifiée :
- Émissions radio et TV pour sensibiliser le public.
- Podcasts et visuels pour vulgariser les enjeux.
- Plaidoyers pour demander :
- La suppression des agences comme la CFEF, accusées de doublonner les rôles des Cellules de Gestion des Projets et Marchés Publics (CGPMP).
- Le remboursement par le PNUD des fonds inutilisés dans le cadre du PDL-145T.
Le CREFDL vise :
- Le Gouvernement et le Parlement pour exiger des réformes.
- Les organes de contrôle (Inspection Générale des Finances et Cour des Comptes).
- Les bailleurs de fonds, les médias, la société civile et les bénéficiaires des projets.
Lire Aussi:Cette campagne s’appuie sur un rapport accablant du CREFDL, qui révèle des dysfonctionnements majeurs dans l’exécution du PDL-145T. C'est entre autres :
- Détournements et surfacturations : Des écoles et centres de santé construits à des coûts exorbitants, avec des équipements manquants ou de mauvaise qualité.
- Retards et abandons : Des chantiers inachevés, comme le centre de santé de Muala Kinsende (Mbanza-Ngungu), livré sans équipements.
- Opacité financière : Seuls 2,6% des dépenses du PDL-145T ont été justifiées dans les rapports officiels, malgré des décaissements de 672 millions USD.
Pour Christelle Nsimba, "il est temps que les citoyens s’approprient la gestion des fonds publics. La corruption et le manque de transparence privent les Congolais de services essentiels."
La campagne "Mon argent, ma responsabilité" entend ainsi briser le silence et pousser à une gestion plus vertueuse des deniers publics.
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