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Adolphe Muzito/ Photo de tiers

Ancien premier ministre de la République Démocratique du Congo, Adolphe Muzito affirme que le pays n’a jamais été souverain. Le leader de Nouvel Elan appuie ses allégations par la succession de guerre, la fragilité de l’armée, de la diplomatie et le budget de l’État.

Dans sa 29ème tribune axée sur La Défense, la diplomatie et la monnaie, l’opposant dresse un bilan sombre de la République  Démocratique du Congo depuis 1960 suites aux conflits internes. Selon lui, le pays n’a jamais été souverain car, l’armée ne bénéficie pas des moyens nécessaires pour assurer la sécurité du pays. 

« De 1960 à ce jour, la RDC a connu plusieurs guerres (sécessions, guerres civiles ou rébellions) (…) les gouvernements successifs, à cause de la fragilité de notre armée, de notre diplomatie et de la faiblesse de moyens mis à leur disposition, n’ont gagné aucunes guerres. Ils ont négocié en position de faiblesse ou recouru aux forces étrangères, se soumettant ainsi à la loi du plus fort. Comme on le voit, la situation est expliquée par la non-organisation de notre armée et surtout par la faiblesse des moyens budgétaires mis à sa disposition pour son équipement, sa logistique (les munitions, les soldes et la nourriture des troupes), sans oublier la qualité des recrutements effectués », peut-on lire dans sa tribune, affichant un tableau des crises congolais où l’État a eu à recourir aux soutiens extérieurs à chaque fois.

A l’en croire, de 1960 à nos jours, la RDC peine à mettre en place un budget capable d’assurer une bonne prise en charge de la sécurité et de la défense. « Même si l’Etat Congolais affectait la totalité de ce budget en ressources propres à la fonction régalienne (défense et sécurité), celui-ci ne permettrait pas à la RDC de se doter d’une armée forte, bien équipée et dissuasive » a poursuivi Adolphe Muzito.


«Nous partons de la thèse selon laquelle la taille du budget de l’Etat Congolais de 1960 à ce jour, passant de 1,5 milliards $US à 7 milliards $US en 2022, a été d’autant plus faible que même si dans sa totalité, celui-ci avait été affectée chaque année à sa fonction régalienne, elle n’aurait pas suffi pour permettre à la RDC d’assumer sa souveraineté. Or, seule une quotité du budget, soit 10%, comme dans la plupart des pays africains (hypothèse de travail), est allouée à la fonction régalienne. Nous pouvons en déduire que la RDC n’a jamais été souveraine (…) or, les performances fiscales en cours pour l’exercice 2022 pourraient porter d’ici fin 2022 à environ 11 milliards $US, le budget en ressources internes ; et amener le Gouvernement, à affecter plus de 1 milliard $US (10%) à la fonction régalienne de l’Etat (armée, sécurité et diplomatie), comme l’indique la courbe en pointillés de 2021 à 2022 » a précisé le leader de Nouvel Elan.

Pour que la RDC amorce en perspective sa souveraineté, elle devra allouer les nouvelles ressources au profit de l’armée, de la sécurité et de la diplomatie ainsi qu’aux salaires des agents et aux infrastructures, prévient-il le Premier Ministre en fonction Jean-Michel Sama Lukonde qu’il appelle à élaborer une loi rectificative.

«Sama Lukonde tente de terminer l’exercice 2022 avec le budget en cours d’exécution, tel que voté au Parlement à hauteur de 7 milliards $US des ressources propres. Ceci en dépits de performances des recettes en cours de mobilisation par le Ministère des finances, à travers ses régies financières, lesquelles pourraient porter le budget à 10 voir 11 milliards $US des ressources internes d’ici fin 2022, soit 3 voir 4 milliards $US des ressources additionnelles», a-t-il fait remarquer. 

Avec le budget de l’exercice 2021-2022 et les ressources internes, Adolphe Muzito pense que « le Gouvernement Sama a l’occasion de mettre en relief les opportunités qui s’offre au pays en affectant utilement les ressources additionnelles, notamment au profit de la défense et de la sécurité. (…) Si le Gouvernement atteignait 11 milliards $US des ressources internes fin 2022, ce qui est à sa portée, comme le permet le potentiel du secteur minier, nous proposerions les affectations suivantes :


- 5 milliards $US, pour la masse salariale dont 2 milliards $US pour le doublement des salaires des agents d’en bas, qui représentent 80% d’effectifs des fonctionnaires et agents de l’Etat dont les 100% d’effectifs s’élèvent à 1.500.000 agents ;

- 4 milliards $US, pour le budget ordinaire hors salaires dont 1 milliard $US pour les troupes au front ;

- 2 milliards $US, pour les infrastructures de base (routes, ponts, aéroports, chemins de fer, etc.). Deux milliards $US en ressources propres par année pour la RDC représenteraient 20 milliards $US sur 10 ans, lesquels sont 6 fois supérieurs aux 3 milliards $US promis par les entreprises chinoises dont les décaissements de 300 millions $US par an sur 10 ans, n’ont pas eu lieu » a-t-il précisé.

Ce qui permettrai à la RDC, de se tenir en position de force dans des négociations, mais aussi de devenir un état souverain en allouant des moyens nécessaires à la fonction régalienne.


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