Félix Tshisekedi devant les congressistes
Lors de son adresse à la nation ce lundi 08 décembre devant les élus réunis en congrès au palais du peuple, Félix Tshisekedi a cité les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) parmi les groupes armés actifs à l’Est, alors que plusieurs analystes estiment ce mouvement militairement affaibli, voire marginalisé.
Si le FDLR n’a plus l’envergure d’un acteur majeur comme par le passé, il n’a jamais disparu, lâche un député membre de la majorité présidentielle.
" Des poches résiduelles demeurent, souvent mobiles, parfois mêlées à des réseaux locaux. Insuffisant pour déstabiliser durablement une région, mais suffisant pour alimenter un narratif d’insécurité dans un contexte où chaque groupe armé compte. Pour Kinshasa, ignorer totalement leur présence reviendrait à occulter une réalité encore perceptible sur certains axes du Nord et du Sud-Kivu ", a-t-il enchaîné.
Mais la principale raison de cette mention du Président de la République est diplomatique. L’accord de Washington, qui encadre le rapprochement récemment amorcé entre la RDC et le Rwanda sous la médiation américaine, place noir sur blanc la neutralisation du FDLR parmi les obligations de Kinshasa. Washington exige ainsi des deux parties la fin des soutiens directs ou indirects aux groupes armés, mais impose particulièrement à la RDC de désarmer les FDLR, considérés depuis longtemps comme une source d’instabilité régionale.
Cette exigence n’est pas isolée car, lors du processus du Qatar, une autre plateforme internationale d’engagement pour la paix dans la région, les autorités congolaises ont de nouveau accepté le principe de neutraliser et démanteler les groupes armés étrangers opérant sur leur sol, avec un accent spécifique sur les FDLR. Ces engagements placent la RDC dans une dynamique où la reconnaissance officielle de la présence du FDLR devient presque obligatoire, ne serait-ce que pour montrer aux partenaires qu’elle prend ses responsabilités.
En citant le FDLR dans son discours, Tshisekedi répond donc à une double nécessité. D’une part, il reconnaît une réalité sécuritaire certes réduite mais persistante. D’autre part et surtout il démontre que Kinshasa respecte les accords internationaux auxquels il a souscrit. Mentionner ce groupe, c’est confirmer à Washington, au Qatar et aux autres acteurs régionaux que la RDC reste dans la logique des engagements pris.
Cela ne signifie pas pour autant une validation du narratif rwandais, qui présente le FDLR comme une menace majeure justifiant des interventions au Congo. Sur ce, le message du président à ses partenaires est, la neutralisation des FDLR est une responsabilité congolaise, inscrite dans des accords bilatéraux et multilatéraux, mais ne saurait être utilisée comme prétexte pour justifier une quelconque ingérence extérieure. En nommant les FDLR, il répond aux exigences des accords récents tout en cherchant à garder la maîtrise du récit sécuritaire national.
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