Jean Pierre Okenda, directeur exécutif de La Sentinelle, alerte sur la gestion opaque du Fonds Minier pour les Générations Futures (FOMIN). Dans un entretien exclusif avec Election-net.com ce jeudi 19 juin 2025, il dénonce des investissements risqués, l’absence de transparence et le non-respect des missions initiales du fonds.
"Le FOMIN doit transférer des richesses aux générations futures, pas financer des dépenses courantes", explique Okenda. Pourtant, les fonds sont utilisés pour des projets comme le barrage de Katende (100 M$) ou des obligations à la Banque Centrale du Congo, sans études de rentabilité ni garanties. "Ces choix éloignent le FOMIN de son essence", insiste-t-il.
Parmi les projets critiqués, l’investissement dans Primera Gold (50 M$) et les placements à la BCC sont les plus préoccupants. "Quelles garanties avons-nous de récupérer ces fonds ?", interroge Okenda. Il souligne l’absence de plan d’investissement clair et de règles de gestion des risques.
L’autorité de tutelle (Ministère des Mines) et les mandataires du FOMIN sont pointés du doigt pour leur inertie. "Ils n’appliquent pas les dispositions légales sur la transparence", déplore Okenda. Les institutions de contrôle (Cour des Comptes, ITIE) sont également silencieuses, malgré des obligations légales.
"L’audit est impératif, c’est la loi", martèle Okenda. Seul un examen indépendant pourrait rétablir la confiance dans la gestion du FOMIN. La Sentinelle et Afrewatch appellent le FMI et les bailleurs à exiger des comptes.
Si rien ne change, Okenda promet une mobilisation de la jeunesse et des médias. "Nous ne pouvons pas accepter que les générations futures héritent de dettes au lieu de richesses", prévient-il.
Sans réforme urgente, le FOMIN risque de sombrer dans l’échec, comme d’autres fonds miniers mal gérés. "La RDC doit s’inspirer des modèles norvégiens ou ghanéens", conclut Okenda, en appelant à une gouvernance transparente et responsable.
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