La question de la discipline budgétaire refait surface en République démocratique du Congo. Dans une déclaration largement relayée, Florimond Muteba, président de l'Observatoire de la dépense publique (ODEP), a dénoncé de nouveaux dépassements budgétaires importants, particulièrement au niveau de la Présidence de la République, évoquant une dérive persistante depuis l'accession au pouvoir du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
« De manière paradoxale, des dépassements budgétaires sont enregistrés année après année depuis l'accession au pouvoir du Président Félix-Antoine Tshisekedi, sans qu'aucune mesure corrective sérieuse ne soit engagée. Bien au contraire, cette dérive budgétaire s'aggrave, surtout à la Présidence », at-il déclaré.
Selon les chiffres avancés par l'ODEP, la Présidence de la République disposait en 2024 d'une prévision budgétaire rectificative de : 850 344 milliards de francs congolais, soit environ 303 514 millions de dollars américains.
Cependant, l'exécution réelle aurait atteint 1 884 000 milliards de francs congolais, équivalant à 672 046 millions de dollars américains. Ce qui représente un dépassement de 1 033 656 milliards FC, soit une hausse de +121,6 %, pour un taux d'exécution de 221,6 %. Des chiffres jugés « alarmants » par plusieurs acteurs de la société civile, qui y voient une violation de l'orthodoxie budgétaire et du principe de la loi de finances votée par le Parlement.
Ce n'est pas un cas dépassé. Depuis plusieurs années, les rapports de suivi budgétaire et les analyses indépendantes relèvent d'une répétition des dépassements de crédits, en particulier dans certaines institutions politiques jugées stratégiques. Pour Florimond Muteba, le problème ne réside pas seulement dans l'ampleur des montants engagés, mais surtout dans l'absence de sanctions ou de mécanismes correctifs crédibles, malgré les alertes répétées. « La gravité réside dans le fait que ces dépassements se produisent sans conséquences visibles, ce qui affaiblit la crédibilité de la gouvernance financière de l'État », souligne-t-il.
La Constitution congolaise et la loi relative aux finances publiques imposent pourtant le respect strict des crédits votés, l'autorisation préalable du Parlement pour toute modification substantielle, ainsi qu'une reddition des comptes transparente à la fin de chaque exercice, font remarquer les observateurs.
En attendant une réaction officielle des autorités concernées, cette sortie de Florimond Muteba relance un débat central : celui de la bonne gouvernance des finances publiques, au cœur des attentes des citoyens congolais.
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