RDC : Mukwege et Tshisekedi, unis pour désigner l'ennemi commun

Photos d'illustration



Alors que Joseph Kabila signe un retour fracassant sur la scène politique congolaise, c'est un front inattendu qui semble se dessiner : celui de Denis Mukwege et du président Félix Tshisekedi. L'un, Prix Nobel de la paix, l'autre, chef d'État en exercice tous deux désignent sans ambiguïté le Rwanda comme l'agresseur direct de la RDC. Et tous deux dénoncent, à des degrés différents, l’ambiguïté troublante de Kabila.

Dans un entretien accordé à France 24, Denis Mukwege ne mâche pas ses mots. Il accuse ouvertement Joseph Kabila, silencieux sur les exactions de Kigali, d'avoir servi les intérêts du Rwanda : « Il n'a jamais déclaré Paul Kagame comme agresseur. Les signes ne trompent pas », lance-t-il, évoquant notamment le retour de Kabila… par la frontière rwandaise. Une coïncidence ? Le célèbre gynécologue n'y croit pas.

Mukwege, figure morale et pilier de la société civile, revient aussi sur l'état de délabrement du pays, évoquant un climat de corruption généralisée où rares sont ceux capables de dire non à la tentation de l'argent facile. Sa désillusion est profonde, mais sa voix reste tranchante.

Sur le terrain, la situation est dramatique : la résurgence du M23, soutenu par Kigali, à propos de la chute de Goma, bastion stratégique de l'est du Congo. Face à cet échec sécuritaire cuisant, Mukwege interpelle : « Qu'est-ce qu'on attend pour isoler un pays agresseur ? » L'appel est clair, et il vise autant la communauté internationale que les élites congolaises encore timorées.

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