Des rebelles du M23. Ph de tiers
La crise entre Kinshasa et Kigali est loin d'être résolue. Le régime de Paul Kagame est accusé par le gouvernement congolais d'être derrière les terroristes du M23 qui occupent plusieurs entités dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu.
Dénonçant la main noire de Kigali dans la déstabilisation de l'est de la République Démocratique du Congo, le gouvernement congolais avait expulsé 31 octobre 2022 l'ambassadeur Rwandais Vincent Karega qui était accrédité à Kinshasa.
Ce que vise Paul Kagame ?
Kinshasa tient le Rwanda pour responsable de la dégradation sécuritaire dans l’est, les autorités de Kinshasa ont suspendu, mercredi 16 juin 2022, tous les accords bilatéraux signés avec Kigali, dont celui sur l’extraction d’une partie de l’or de l’est de la RDC, entériné lors d’une rencontre entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame à Goma, en juin 2021.
« Le Rwanda continue d’essayer d’occuper notre terre riche en or, coltan et cobalt pour l’exploiter et pour [son] propre profit. Il y a une guerre économique pour la bataille des ressources », a écrit le chef de l’Etat congolais dans un communiqué publié par le ministère de la communication le 17 juin.
« La suspension des accords est une prérogative du gouvernement congolais. Ces textes bénéficient à nos deux peuples, donc nous espérons qu’un jour ils seront restaurés », a réagi Yolande Makolo, la porte-parole du gouvernement rwandais, lors d’une conférence de presse le même jour.
Outre, la suspension de ces accords bilatéraux, ''Kigali recherche sa survie''. Nombreux sont ces observateurs qui soulignent qu'il (Paul Kagame) appuie les groupes armés dans l'est de la RDC pour accéder à toutes les matières premières de manière frauduleuse.
''ce sont nos richesses qui font que plusieurs nations puissent nous faire la guerre. Ces nations financent les groupes armés pour qu'elles obtiennent nos matières premières'', a souligné sous anonymat un habitant de Bunagana en territoire de Rutshuru qui s'est réfugié en Ouganda.
La duplicité de Paul Kagame ?
En dépit de tout ce qui est présenté comme élément de preuve par Kinshasa et les experts de l'ONU, le Rwanda nie tout soutien au M23 et assure qu’aucun de ses militaires ne se trouve en RDC. Il continue en parallèle d’accuser l’armée congolaise de combattre aux côtés des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe rebelle hutu rwandais initialement formé par d’anciens génocidaires, et dénonce une complicité de la Monusco, engagée sur le terrain aux côtés des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
Fin mai, après que l’armée rwandaise eut affirmé que la RDC avait tiré des roquettes sur son territoire, Vincent Biruta, le ministre des affaires étrangères, avait déclaré à la presse que le Rwanda « ne resterait pas les bras croisés en cas de nouvelle attaque et aurait le droit de répondre pour défendre la sécurité de son territoire et de ses citoyens ».
Les espèces animales menacées ?
L'occupation continue des plusieurs entités en territoires de Rutshuru et Nyiragongo au Nord-Kivu ont des conséquences collatérales sur l'avenir des espèces animales. Nombreux sont ces observateurs qui soulignent qu'à part les matières premières, le régime de Kigali vise aussi les animaux particulièrement les grands singes, comme le gorille de montagne, le gorille des plaines orientales et le chimpanzé de l’est Etc dans le parc national des Virunga (de la RDC). Et ce, pour aller renforcer le Parc national de Nyungwe situé au sud-ouest du Rwanda, précisément sur cinq districts : Nyaruguru et Nyamagabe de la Province du Sud ; Rusizi, Nyamasheke et Karongi de la Province de l’Ouest.
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