Le Front Commun pour le Congo, FCC est sorti de son silence pour condamner la gestion du pouvoir par le chef de l'État congolais, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo dont il accuse d'avoir voilé la constitution de la République Démocratique du Congo à travers la nomination d'un informateur pour identifier une majorité parlementaire alors que celle-ci existait déjà.
Ci-dessous, l'intégralité du communiqué parvenu à election-net.com
DECLARATION POLITIQUE DES PRESIDENTS DES
REGROUPEMENTS ET PARTIS POLITIQUES DU FRONT COMMUN
POUR LE CONGO (FCC)
Les Présidents des Regroupements et Partis Politiques membres du Front Commun pour le Congo (FCC), réunis en séances d’évaluation de la situation politique du pays samedi 2 et dimanche 3 janvier 2021, constatent l’instauration en République Démocratique du Congo des pratiques attentatoires aux acquis démocratiques engrangés au cours de
ces dernières années au prix de multiples sacrifices de notre peuple. Il s’agit notamment de :
a. L’offensive de l’UDPS, parti du Président de la République, contre le
Parlement en rétorsion à un vote de déchéance d’un de ses membres du Bureau de l’Assemblée Nationale l’année dernière. L’inviolabilité du siège de celle-ci, proclamée par l’article 7 de son Règlement Intérieur jugé conforme à la constitution par l’Arrêt R.Const. 891 du 29 mars
2019 lui accordant ainsi la force d’une Loi organique, a été, depuis lors malmenée à maintes reprises par des autorités judiciaires, militaires, policières et même des activistes du parti présidentiel pour contraindre les Députés Nationaux à se soumettre à la volonté et aux intérêts particuliers du Président de la République. Certains parmi ces élus légitimes du peuple congolais ont été soit l’objet de voies de fait ayant
abouti au décès de l’un d’entre eux, soit d’arrestations en violation de leurs immunités parlementaires consacrées par l’article 107 de la
Constitution et l’article 101 du Règlement Intérieur de l’Assemblée
Nationale.
b. L’intrusion du Président de la République dans les attributions constitutionnelles du Gouvernement et des Cours et Tribunaux à travers les ordonnances d‘organisation judiciaire du 17 juillet 2020, prises en violation des articles 78, 82, 152 et 158 de la Constitution consacrant la compétence liée du Président de la République relativement aux propositions du Conseil Supérieur de la Magistrature en la matière et conditionnant la validité de tels actes au contreseing
du Premier Ministre.
c. L’arrestation arbitraire du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux pour avoir posé un acte qualifié par le 1er Ministre chef du Gouvernement lui-même de simple faute administrative ne méritant
qu’une sanction disciplinaire.
d. L’intrusion dans les attributions constitutionnelles des Assemblées provinciales par des mesures intempestives d’annulation des votes
régulièrement adoptés par ces dernières à l’encontre de quelques Gouverneurs de provinces en échange de leur transhumance vers
l’UDPS en s’appuyant abusivement sur la Justice et les technostructures sécuritaires (Police, ANR, FARDC) pour se constituer
des majorités artificielles différentes de celles issues des urnes.
C’est dans l’intention avérée de se soustraire à ces obligations constitutionnelles et légales que le Président de la République a délibérément provoqué une crise artificielle non prévue dans l’ordre constitutionnel congolais en décrétant unilatéralement le 6 décembre dernier, l’effritement d’une Majorité parlementaire à laquelle son parti l’UDPS était une associée du reste non significative au regard des résultats des élections du 30 décembre 2018.
Pour leFCC, cette brutale
remise en cause de la coalition majoritaire FCC-CACH ne saurait avoir
aucun impact sur la vie institutionnelle nationale dès lors que l’identification de la Majorité et de l’Opposition à l’Assemblée Nationale,
faite conformément aux articles 26 et 54 du Règlement Intérieur de
l’Assemblée Nationale en début de législature et pour toute la durée de celle-ci, n’est nullement remise en cause par le retrait de l’UDPS à défaut d’élections générales anticipées, seules à même de reconfigurer légalement cette dispensation.
Vu ce qui précède,
Enfin, le FCC salue la mémoire de tous les compatriotes qui nous ont
quittés au cours de l’année 2020 du fait de la pandémie Covid-19 et de l’insécurité persistante dans l’Est de notre pays, singulièrement à Beni Butembo-Lubero ainsi qu’en Ituri.
Une pensée pieuse aussi pour nos militaires qui sont tombés dans le cadre de leurs fonctions au service de la patrie dont les derniers en date sont les jeunes pilotes, fleurons de la Force aérienne congolaise.
A leurs familles ainsi qu’à toute la nation congolaise, le FCC présente ses condoléances attristées.
Fait à Kinshasa, le 03 Janvier 2021
Les Présidents des Regroupements et Partis Politiques du FCC
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