Le gouvernement congolais vient d’opérer un virage majeur dans la commercialisation des diamants. Après trois ans de restrictions, les producteurs retrouvent leur liberté de vente. Une décision qui soulève autant d’espoirs que de questions.
Par un arrêté ministériel du 2 juin, le ministre des Mines Kizito Pakabomba a mis fin au système instauré en 2022 qui limitait les ventes à une liste restreinte d’acheteurs agréés, confiait au CEEC (Centre d'expertise) le monopole de la commercialisation et imposait des ventes aux enchères pour certains minerais.
Le motif officiel de cette réglementation contrevenait aux articles 85 et 108 du Code minier garantissant la liberté de commercialisation aux titulaires de droits miniers.
Les gagnants et les perdants de cette réforme
Les producteurs (dont la société sino-congolaise Sacim) crient victoire après des mois de lobbying. Ils dénonçaient une pression sur les prix et des difficultés financières.
Par contre, les défenseurs du contrôle étatique s'interrogent :
- Quel impact sur la traçabilité des "diamants du sang"
- Le Processus de Kimberley sera-t-il toujours aussi efficace ?
- Risque-t-on un retour des pratiques opaques ?
Tshisekedi doit concilier l'attractivité économique (libéraliser pour attirer les investissements), le contrôle des ressources (éviter la fraude et le blanchiment), les intérêts géostratégiques (la Chine, partenaire de Sacim, surveille de près).
Cette libéralisation va-t-elle dynamiser l'économie minière... ou ouvrir la boîte de Pandore des trafics ?
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