RDC : Kinshasa meurtrie, une capitale qui enterre ses enfants dans l’indifférence

Image d'illustration


Kinshasa étouffe sous une vague de violence qui s’abat sans répit sur ses quartiers. En moins de 48 heures, plus de cinq vies ont été fauchées, sans que la ville ne semble pouvoir freiner cette spirale macabre. La capitale, habituellement bruyante et résiliente, se réveille chaque matin davantage meurtrie, comme si la mort avait pris l’habitude de rôder à chaque coin de rue.

À Lemba, au cœur de la nuit, un motard abattu pour une moto. À Mbakana, un homme assassiné au milieu d’une communauté terrorisée par la présence récurrente de groupes armés. À N’Sele Plazza, un père, un frère, un simple citoyen sauvagement agressé à l’aube, dépouillé, puis conduit à l’hôpital où l’on exige plus de deux millions de francs pour lui prodiguer des soins pourtant garantis par les textes du pays. À Bandalungwa, un cambiste tué avant même de commencer sa journée de travail. Et au pont N’Sele reliant Lemba et Ngaba, un jeune entrepreneur exécuté par des hommes en uniforme, sous les yeux impuissants d’une population devenue spectatrice de sa propre insécurité.

Cette succession de drames laisse comme un goût amer, celui d’une ville abandonnée à elle-même. Les criminels dictent leurs lois, les familles pleurent en silence, et l’État peine à rassurer, à protéger, à punir. Chaque mort porte le même cri, celui d’une population qui ne demande qu’à vivre en paix. Mais ce cri-là, trop souvent, se perd dans le bruit de la ville, noyé dans l’indifférence générale.

Kinshasa n’a pas besoin de chiffres ni de discours de circonstance. Elle a besoin d’actes, de présence, de justice. Tant que les auteurs de ces assassinats ne seront pas retrouvés, tant que les responsables des abus ne seront pas sanctionnés, tant que la vie humaine restera un détail dans les rues de la capitale, nous continuerons d’écrire des éditoriaux funèbres.

Et cela, malheureusement, devient une habitude que personne ne devrait accepter mais, jusqu'à quand ?

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