RDC : Kinshasa, la ville des mille épreuves sans eau ni électricité

Vue aérienne de la ville de Kinshasa


Kinshasa vit dans une obscurité qui n'est plus seulement symbolique. Depuis près de deux semaines, la capitale congolaise est plongée dans le noir, abandonnée par une SNEL incapable d'assurer sa mission. Le concert assourdissant des groupes électrogènes, devenu la nouvelle bande sonore des nuits kinoises, ce qui démontre l'échec d'un système laissant plus de 15 millions d'âmes à la merci de la débrouille.

Dans les communes de Lemba, Ngaliema, Kasa-Vubu, Limete ou encore N'djili, les coupures d'électricité sont devenues la norme. Et quand ce n'est pas le courant qui se fait rare, c'est l'eau de la REGIDESO qui se transforme en mirage. Désormais, il faut veiller jusqu'à deux ou trois heures du matin pour espérer remplir un bassin ou une bouteille. Quelle capitale au monde peut se permettre une telle humiliation quotidienne ?

À cette pénurie d'eau et de lumière s'ajoute une autre obscurité, celle de l'insécurité. Les rues sans lampadaires deviennent le théâtre d'agressions, de vols et de viols. Les bandits dictent leur loi, profitant de la nuit permanente pour terroriser les habitants de communes comme Mont-Ngafula, Masina ou Selembao.

Ce que Kinshasa vit aujourd'hui n'est pas un simple désagrément technique, c'est le symptôme d'un abandon, le signe d'un État qui se dérobe à ses devoirs les plus élémentaires. Pendant que la capitale suffoque dans le noir et la soif, ses habitants se résignent, mais Jusqu'à quand ?

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