L'Institut Français de Kinshasa et Music in Africa ont organisé le lundi 21 juin 2021 à la Halle de la Gombe, deux tables rondes de réflexion à l'occasion de la fête de la musique.
Célébrée le 21 juin de chaque année, cette fête met en valeur la diversité des pratiques et des expressions musicales.
Cette année, suite à la troisième vague de la pandémie de la covid-19 que connaît la RD Congo et les mesures sanitaires prises pour y faire face, l'Institut Français de Kinshasa et Music in Africa ont offert aux musiciens amateurs et professionnels deux tables rondes avec les intervenants de référence dans le domaine de l'industrie musicale.
La première table ronde a été marquée par un certain nombre d'exposés autour du thème «Comment protéger ses œuvres ?».
Un des intervenants, Théodore Nganzi, avocat de l'industrie musicale s'est penché sur le rôle de sociétés des droits d'auteur à l'instar de la Socoda en RD Congo.
Pour lui, l'influence de certains artistes «dinosaures» au sein de ces sociétés de droits d'auteur empêche les jeunes artistes, musiciens de vivre de leurs œuvres musicales. «La société de droit d'auteur fonctionne sous d'autres cieux, je cite ici Sacem en France. Malheureusement ici en RDC, cette société a été fragilisée par certains artistes dinosaures qui se considèrent comme les détenteurs de positions dominantes au sein de la société de droits d'auteur», s’est-il plaint.
Pour sa part, Alesh artiste engagé de la génération consciente en RDC, a déploré le pouvoir que l'État accorde aux sociétés de droits d'auteur au dépens du créateur de l'œuvre. «En tant qu'artiste, à la fin de la journée, je dois être celui qui a plus de pouvoir sur mon œuvre», a-t-il conclu.
La deuxième table ronde a planché sur le thème dénommé «Comment diffuser son œuvre ?». Elle a connu la participation de plusieurs intervenants.
Avec l'avènement de réseaux sociaux et la démocratisation des outils technologiques, les musiciens, groupes de musiciens et artistes se tournent vers Internet pour diffuser leurs contenus en adhérant à un modèle économique innovant.
Le modèle économique musical numérique étant abordé en retard en RDC, les artistes congolais semblent être perdus bien que cela fabrique des millionnaires sous d'autres cieux.
Pour Baya Çiamala fondateur de Baziks, «En RDC les plateformes de diffusion comme Deezer et Spotify ne suffisent pas. Il faut opter pour des solutions économiques innovantes.»
Selon Djo Moupondo, producteur et distributeur dans le domaine musical, il ne suffit pas pour un artiste de distribuer une œuvre sur les plateformes de diffusion, mais plutôt de mobiliser ses fans pour gagner économiquement.
«La musique est trop exigeante. Il ne faut pas croire que l'on va vous servir un gâteau sur un plateau. Travaillez de sorte à mobiliser vos fans afin que vous ayez un seuil qui vous permettra de faire du profit», a-t-il conseillé aux jeunes artistes musiciens.
Organisée pour la première fois en France en 1982, la fête de la musique s'est développée peu à peu, dans le monde avec le soutien et la participation du réseau culturel français.
Patrick Ombale
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