RDC : Kabuya considère Kabila comme un rwandais mais...collègue

Augustin Kabuya, SG / UDPS


Le ton est monté d’un cran entre l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) ce dimanche 25 mai. Dans une sortie musclée, le Secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, s’en est pris violemment à l’ancien président Joseph Kabila, allant jusqu’à remettre en cause son origine congolaise.

« Que Kabila laisse les Congolais s’occuper de leurs affaires. Tout le monde sait qu’il n’est pas Congolais. On nous l’a imposé pendant 18 ans », a lâché Kabuya devant ses militants. 

Et d’ajouter :

 « Contrairement à lui, qui est Rwandais, nous, les Congolais, finirons par nous entendre. »

Mais dans le même souffle, Augustin Kabuya a reconnu l’ancien chef de l’État comme un acteur politique toujours actif : « Kabila n’est qu’un collègue, un simple président de parti politique, comme moi. »

Une déclaration qui ne manque pas de soulever une contradiction apparente. Comment quelqu’un que Kabuya qualifie de « non-Congolais » peut-il être considéré comme un collègue dans le paysage politique d’un pays dont il ne serait pas originaire ? Une question qui navigue sans réponse.

La nuance, bien que fine, est révélatrice d’un discours politique marqué par la rivalité partisane plus que par la cohérence idéologique. D’un côté, Kabuya cherche à délégitimer l’influence politique de Kabila en questionnant son identité ; de l’autre, il reconnaît de facto sa place dans l’arène politique nationale, en tant que président d’un parti politique enregistré et actif en République démocratique du Congo.

Ces propos, bien que polémiques, démontrent la persistance des fractures identitaires instrumentalisées à des fins politiques. Ils traduisent aussi l’inconfort de certains leaders politiques à cohabiter dans un même espace démocratique avec leurs anciens adversaires, même après l’alternance.

Les attaques personnelles qui détournent le débat des vrais enjeux auxquels le pays fait face, notamment la sécurité à l’Est, les défis économiques et la réforme des institutions, estime un acteur de la société civile.

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