Le sénateur UDPS et président du groupe parlementaire UDPS et alliés au Sénat, Afani Idrissa Mangala, a accordé ce lundi 26 mai 2025 une interview exclusive à election-net.com au sujet du retour de l’ancien président Joseph Kabila Kabange à Goma. Sans ambages, le parlementaire accuse Kabila de "prouver sa culpabilité" et de "renforcer la décision du Sénat" ayant levé son immunité. Voici ses déclarations, retranscrites in extenso :
"Kabila, un fugitif qui retourne à ses origines rebelles"
"Kabila vient de prouver sa culpabilité et renforce maintenant la décision du Sénat qui a levé ses immunités et ordonné sa poursuite. Ça, c’est de un. De deux, Kabila fait la honte de la République démocratique du Congo et il fait la honte de tous les anciens chefs d’État du monde. Or, les anciens chefs d’État des pays au moins démocratiques et civilisés font le prestige de leurs pays. Depuis que Kabila est sorti, ça fait six ans. Je ne l’ai jamais vu être appelé et lui confier un dossier pour réconcilier tel ou tel pays. Ce que Kabila connaît, c’est faire la guerre. Je comprends : il retourne à ses origines, parce que Kabila est un rebelle."
Le sénateur enfonce le clair : "On dit : quelque soit la durée des années d’un morceau de bois dans l’eau, il ne se transformera jamais en crocodile. On croyait que Kabila pourrait être démocrate, il vient maintenant de montrer sa vraie face. Kabila, c’est un rebelle, et il retourne à la case départ. [...] Moi, Kabila, je ne serai jamais démocrate, je suis un guerrier et je reste toujours guerrier."
"Un mandat de recherche doit être lancé contre lui"
Mangala exige une réaction ferme des institutions : "Kabila a ouvert une brèche qu’il ne sera pas à mesure de fermer. C’est un fugitif. J’encourage la justice militaire à accélérer le processus d’instruction de son dossier et au ministre de la Justice de lancer un mandat de recherche pour que Kabila soit jugé, condamné, et qu’il indemnise tous les Congolais pour tout le mal qu’il a fait."
Puis, une pique assassine : "On a pitié de ce Monsieur. Avec tout ce qu’il a fait, des crimes dans ce pays, il retourne encore à la rébellion ? [...] Kabila, c’est un monstre."
Goma : "Un terrain hostile, un message de guerre"
Interrogé sur le caractère supposément "légal" du déplacement de Kabila à Goma, Mangala rétorque : "C’est une preuve de plus. Si on cherchait des preuves en disant que le Sénat a manipulé politiquement son dossier, aujourd’hui, il est à Goma. Mais avec quelle autorisation ? La loi sur les anciens chefs d’État exige loyauté aux institutions. Lui, il choisit un terrain hostile. Il devient donc hostile aux institutions. C’est un message de guerre."
Et de tacler : "Pourquoi ne pas venir à Kinshasa ? Les évêques, eux, ont consulté le président avant d’aller à Goma. Kabila, lui, commence par Goma. Donc, il est rebelle."
Le "dialogue" de Kabila ? "Une hypocrisie"
Enfin, sur l’appel de Kabila à un "dialogue national", Mangala dénonce une manœuvre : "Dans son discours, il parle de "stopper la dictature et le régime tyrannique". Traiter un régime démocratiquement élu de tyrannique, c’est dire que le président Tshisekedi est un sanguinaire. Mais où loge la terreur ? À Goma, où 8 000 Congolais ont été tués, ou à Kinshasa ? Il fuit la justice. Qu’on le traque, qu’on le juge !"
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