RDC : "Fly Congo River", la nouvelle trouvaille de Tshisekedi

Félix-Antoine Tshisekedi, président de la RDC



Lors de son discours sur l'état de la Nation, prononcé le 8 décembre 2025, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a longuement abordé les enjeux climatiques, environnementaux et économiques, présentant la République démocratique du Congo comme un acteur central de la régulation climatique mondiale.

Malgré les conséquences persistantes des conflits armés et les convoitises autour de ses ressources naturelles, le chef de l'État a rappelé que la RDC continue d'assumer une responsabilité majeure dans la stabilité du climat mondial.  « Pays de forêts tropicales primaires, de tourbières riches en carbone, d'une biodiversité et d'eaux douces exceptionnelles, la République démocratique du Congo est l'un des cœurs vivants de la régulation climatique de la planète », a-t-il déclaré.

La RDC, un « pays-solution » face à la crise climatique

Le président Tshisekedi a réaffirmé la position de la RDC comme « pays-solution », tout en appelant à une reconnaissance plus juste des efforts consentis par les pays forestiers.

« Nous sommes un pays-solution — ce n'est pas un slogan, c'est un fait écologique. Mais nous ne pouvons plus être un pays-solution à crédit moral », a-t-il insisté, dénonçant les déséquilibres entre les responsabilités historiques en matière d'émissions et les impacts subis par les pays les moins pollueurs.

Selon le chef de l'État, la crise climatique est avant tout une crise de justice, les populations congolaises étant confrontées aux inondations, aux sécheresses, à l'érosion et à l'insécurité alimentaire, tandis que les financements internationaux promettent tardivement de se matérialiser.  « Corriger cette injustice est au cœur de notre action diplomatique et de notre agenda national », a-t-il affirmé.

Réformes et nouveaux mécanismes climatiques

Dans ce contexte, Félix Tshisekedi a indiqué que le gouvernement a renforcé en 2025 son arsenal juridique et opérationnel, notamment en matière d'aménagement du territoire, de foresterie communautaire, de droits des peuples autochtones et de régulation des marchés carbone.

Il a annoncé le lancement d'un Centre régional d'excellence sur les marchés du carbone en Afrique, destiné à faciliter l'accès aux financements climatiques et à garantir l'intégrité des transactions, parallèlement aux travaux sur une taxe carbone et un marché interne.

Par ailleurs, une Task-force « Économie circulaire et déchets » a été mise en place pour piloter la valorisation industrielle des déchets, soutenue par des allègements fiscaux ciblés visant à moderniser les filières et encourager l'investissement vert.

Le Couloir vert Kivu–Kinshasa, projet phare de 2025

L'année 2025 marque également, selon le président, une étape historique avec la création du Couloir vert Kivu–Kinshasa, par le décret n°25/101 du 15 janvier 2025. Présenté comme la plus grande aire protégée communautaire au monde, ce dispositif couvre environ 540 000 km², dont 285 000 km² de forêts, incluant plus de 100 000 km² de forêts primaires. intactes.

« Nous ne défendons pas la forêt contre notre peuple ; nous la défendons avec notre peuple, pour notre peuple et pour l'humanité », a souligné le chef de l'État.

Ce projet vise à concilier conservation, développement économique et création d'emplois, avec l'ambition de protéger 100 000 km² de forêts primaires tout en substituant des activités légales et durables aux économies liées aux conflits armés.

Emplois, infrastructures et perspectives 2026

Parmi les objectifs annoncés figurent la création de 500 000 emplois, le transfert annuel d'un million de tonnes de denrées de l'Est vers l'Ouest du pays, ainsi que le développement d'infrastructures sobres en carbone, incluant des solutions d'énergies propres, la cuisson électrique, le biodiesel et un système de transport intégré.

Le président a également évoqué la mise en service, dès le premier trimestre 2026, d'une compagnie aérienne dédiée, Fly Congo River, pour la logistique et le tourisme dans le couloir vert.

Enfin, Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité de renforcer la transparence et la redevabilité, annonçant la volonté d'institutionnaliser un tableau de bord public de la performance climatique et de l'économie verte, assorti d'une reddition de comptes annuelle devant le Parlement.

« Tel est le sens de notre engagement : transformer la nature en pacte de dignité pour nos populations, et la justice climatique en réalité vécue dans chaque territoire de la République », at-il conclure

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