RDC : Félix Tshisekedi, Kamerhe- Lihau-Bemba..., qui pour la primature ?

Felix Tshisekedi, Ph. Tiers


La République Démocratique du Congo est en train de tourner la page de son quatrième cycle électorale de la troisième République (Constitution du 18 février 2006) avec l'annonce des résultats provisoires des législatives nationales par la commission électorale nationale indépendante (CENI).

En effet, sur cette liste de cinq cents députés nationaux attendus, seuls 477 ont été provisoirement été proclamés par l'institution d'appui à la démocratie en raison de l'annulation des scrutins dans certains territoires comme Yakoma dans le Nord-Ubangi et la non tenu d'élections dans les territoires de Rutshuru et Kwamuth.

Ces 477 élus provisoires sont issus d'une quarantaine de regroupements politiques ayant atteint le seuil d'éligibilité constituant ainsi la probable future classe politique institutionnelle du pays de laquelle vont être puisés les animateurs des différentes institutions de la République. 

C'est dans cette foulée que le débat sur la gestion des institutions clées est lancé dans les états-major politiques kinois.

Pour ce faire, l'UDPS (Union pour la Démocratique et le Progrès Social), le parti présidentiel, l'Union pour la Nation Congolaise (UNC) de l'allié Vital Kamerhe, l'AFDC (Alliance des Forces Démocratiques du Congo) du président du Sénat Modeste Bahati Lukwebo, l'AB de l'actuel Premier Ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, le MLC (Mouvement de Libération du Congo) de l'actuel Vice-premier Ministre de la Défense Nationale, Jean-Pierre Bemba Gombo font partie des figures de proue de cette bataille pour le contrôle des institutions clées de la République. 

Concernant le parti du Chef de l'Etat, Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, il caracole en tête avec 69 élus nationaux et, pour ce faire, il souhaiterait contrôler la primature en vue d'assurer la coordination de l'action gouvernementale. 

Parmi les noms avancés dans les coulisses, celui de l'actuel Vice-premier en charge de la Fonction Publique qui revient assez souvent même si certains au sein du parti le voient comme un opportuniste de par son passé transfuge du Front Commun pour le Congo de Joseph Kabila. 

Originaire de l'ancienne province de l'Equateur, ce fils Lihau a l'avantage de ne pas être du Grand-Kasaï comme le Président Tshisekedi et peut faire éviter à l'UDPS la critique sur les équilibres géopolitiques. 

En deuxième position, vient le nom de Vital Kamerhe. Deuxième force politique, l'homme s'entend à ce qu'il soit enfin récompenser pour son apport non seulement à la réélection de Félix Tshisekedi mais aussi à son élection en 2018. Mais en ballottage avec Modeste Bahati Lukwebo qui devient la troisième force politique avec près de 40 élus à l'Assemblée Nationale, Vital Kamerhe risque gros par le simple fait d'être venu du même coin (Sud-Kivu) que le speaker de la chambre haute du parlement avec lequel Félix Tshisekedi ne voudrait pas avoir des problèmes. 

Quant à Jean-Michel Sama Lukonde, l'homme peut se targuer de sa quatrième position pour faire valoir son poids politique. Mais issu de la richissime et stratégique espace Grand-Katanga ( espace de l'ancien Président Joseph Kabila et du principal opposant à Félix Tshisekedi, Moïse Katumbi), l'actuel premier est mal au point à cause des mauvais scores du Chef de l'État dans le Katanga.

Bien qu'arrivée à la cinquième position avec 22 élus nationaux, Jean-Pierre Bemba Gombo a surtout à faire valoir son apport personnel dans la réélection de Félix Tshisekedi notamment lors de la campagne électorale où il avait mouillé la chemise pour convaincre la population à voter pour le Chef de l'État réélu. 

Mais Bemba a aussi un handicap et non de moindre. À sa nomination au ministère de la défense, le président du mouvement de libération du Congo avait été présenté comme étant l'homme de la situation de part son passé d'un chef militaire mais malgré les avancées obtenues notamment dans l'équipement et la formation des militaires, la rébellion du M23 ainsi que ses soutiens continuent de contrôler certaines localités du pays. 

Tout étant du pouvoir discrétionnaire du Chef de l'État, d'autres hypothèses ne sont pas à élaguer dans la stratégie de Félix Tshisekedi qui, pour renforcer la cohésion nationale après des élections qui n'ont pas été ce que l'on pouvait appeler meilleurs en termes d'organisation, peut se tourner vers une personnalité politique de l'opposition ou carrément une personnalité indépendante afin de diriger le Gouvernement national. 

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