RDC/FCC-CACH : Le rubicon a-t-il été franchi ?


La coalition FCC-CACH au pouvoir en République Démocratique du Congo traverse une zone des turbulences la plus dangereuse de son histoire. Les divergences persistent entre les frères coalisés sur plusieurs questions d'intérêt national, et les désaccords se sont amplifiés ces derniers temps. La goûte d'eau qui a fait déborder le vase est la cérémonie de prestation de serment des juges constitutionnels nommés par le Chef de l'État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Les pro Kabila et pro Tshisekedi, deux leaders de cette coalition s'affrontent par médias interposés sur la constitutionnalité ou non de ces nominations.

Dans cette vive polémique et face au refus de l'actuel Président de la République de revenir sur ses ordonnances controversées, le Front Commun pour le Congo (FCC) de l'ancien Président de la République Joseph Kabila Kabange est allé jusqu'à boycotter la cérémonie de prestation de serment des nouveaux juges constitutionnels.

Prestation de serment des nouveaux juges constitutionnels

Ainsi le monde entier pouvait assister le mercredi 21 octobre à une scène innommable venant du plus grand pays de l'afrique centrale avec une cérémonie de prestation de serment des trois nouveaux juges constitutionnels, organisée dans la salle du congrès du parlement, présidée par le Président de la République, mais à laquelle les Présidents de deux chambres du parlement ont brillé par l'absence, y compris la majorité des parlementaires (sénateurs et députés nationaux), le Premier Ministre et une grande partie de ses ministres.

Outre son caractère solennel, cette cérémonie sera ainsi ponctuée par des chants hostiles au FCC des militants du parti présidentiel, l'UDPS qui ont pris d'assaut la salle du congrès, entonnant l'hymne de leur parti politique dans cette cérémonie officielle.

Pari gagné ?

Bien que la prestation de serment de ces nouveaux juges constitutionnels est vue comme un pari gagné par les sympathisants du Président de la République, le boycott du FCC aura visiblement mis en colère Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo qui n'a pas hésité à reporter à une date ultérieure, et ce, pour la première fois depuis son entrée en fonction, la réunion du conseil des ministres du vendredi 23 octobre 2020, préférant s'adresser directement à la nation.

Quel avenir pour la coalition FCC-CACH ?

Cependant, face aux multiples facettes du feuilleton "FCC-CACH", ce nouvel épisode laisse perplexes plusieurs observateurs de la vie politique congolaise. Bon nombre des personnes s'interrogent si cette bataille des alliés de circonstance autour de la plus haute cour du pays, la cour constitutionnelle, sera-t-elle cet acte qui viendra faire franchir le rubicon dans cette coalition qualifiée par certains, "d'une alliance contre nature".

À Kinshasa la capitale comme dans les provinces, le sujet fait débat. Dans les rues et avenues des grandes villes du pays, la question est sur toutes les lèvres. Des scénarios multiples sont imaginés. Au regard des discours tenus par chacun des deux camps, nombreux y voient une difficile conciliation entre les deux forces politiques. D'autres y trouvent dans ce nouveau clash le risque d'une rupture de la coalition au pouvoir.

Une autre catégorie des gens craignent que le Président la République poussé par ses fidèles lieutenants et même une partie de la communauté internationale ne puisse prendre la décision de dissoudre le parlement et exiger du Premier Ministre qui est du PPRD de Joseph Kabila Kabange la démission de son gouvernement, scénarios qui selon cette dernière catégorie, conduiraient le pays dans grave crise politique.

Ainsi donc, l'adresse à la Nation de Félix Tshisekedi de ce vendredi 23 octobre est très attendue par le Congolais car elle doit fixer le pays sur la suite des événements et le chemin choisi par lui.

Kilikumbi Lusumbasumba Isaac


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