RDC/Changement de la Constitution : comment la ministre Kutino est tombée dans le piège du « Oui, je le veux »?

Grâce Émi Kutino, ministre de la jeunesse


La campagne en faveur du changement de la Constitution suscite une nouvelle controverse en République démocratique du Congo. Cette fois, la ministre de la Jeunesse, Grace Emie Kutino, est accusée d’avoir repris le slogan « Oui, je le veux », déjà connu depuis plusieurs années dans le milieu chrétien comme un concept d’encadrement des couples mariés et des fiancés.

Porté par le couple du pasteur Ken Luamba, le concept « Oui, je le veux » s’est imposé au fil des années comme un cadre d’accompagnement, d’enseignement et d’échanges destiné aux couples et aux personnes engagées dans un projet de mariage.

Mais son utilisation récente dans le cadre d’une campagne politique liée au changement de la Constitution a provoqué des réactions et des critiques. Certains  estiment que cette récupération pourrait créer une confusion auprès des fidèles et des habitués du mouvement religieux.

Dans cette dynamique, la ministre de la Jeunesse a annoncé l’organisation d’une marche le 12 août prochain afin de soutenir cette vision. Cette initiative, selon les annonces faites autour de cette campagne, ferait suite à des consultations menées avec les coordinations des jeunes à travers le pays.

Cependant, cette démarche est contestée par certaines voix qui s’interrogent sur la représentativité et la portée réelle de ces consultations. Pour les détracteurs de l’initiative, le recours au slogan « Oui, je le veux » traduirait surtout un manque d’originalité dans la conception du message destiné à mobiliser la jeunesse autour du projet de changement de la Constitution.

À la prochaine annonce d’une rencontre des couples « Oui, je le veux », certains pourraient ainsi croire, non sans ironie, qu’il s’agit d’une activité politique consacrée à la révision ou au changement de la Constitution, alors que le concept est historiquement associé à l’encadrement spirituel et conjugal.

Des voix critiques dénoncent un manque d’initiative dans le choix du slogan. Elles reprochent à la ministre d’avoir repris une expression déjà fortement identifiée à une initiative chrétienne, au risque d’en brouiller l’image et la portée.

Le débat porte donc davantage, à ce stade, sur la récupération d’un concept connu et sur le risque de confusion que sur une violation formellement établie.

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