img

Actualités

Politique

Inconnu du grand-publi jusqu'il y a peu, le secrétaire exécutif national de la Commission électorale nationale Indépendante, (CENI), Ronsard Malonda est devenu depuis le 10 juin dernier, l'un des principaux sujets de discussions dans les salons politiques en particulier, et la société congolaise en général.

Désigné candidat président de la centrale électorale la semaine dernière par 6 confessions religieuses sur les 8 composant ce club privilégié d'électeurs, ce juriste, originaire du Kongo Central de 44 ans aura passé toute sa carrière ou presque, au sein de l'administration électorale de son pays durant ces 15 dernières années.

Son curriculum vitae aussi riche que controversé de celui qui a travaillé sur tous les trois cycles électoraux qu'ont connu son pays depuis 2006 est à la fois un atout et une faiblesse pour le candidat président de la centrale électorale.

Après l'enterinement controversé de sa candidature par l'Assemblée Nationale au milieu de le 02 juillet dernier, l'homme devra être nommé par le Chef de l'État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo en vue de sa prise des fonctions à la tête de l'institution d'appui à la démocratie.

Ce rituelle aussi classique que régulier se transforme à une équation complexe pour l'heureux promu et aussi pour le chef de l'État congolais qui aurait passé un accord tacite avec son prédécesseur, Joseph Kabila le 02 juillet dernier pour appuyer la candidature de Malonda dont on dit, proche du Front Commun pour le Congo, FCC en échange de la mise à l'écart des propositions des lois contestées des députés nationaux Aubin Minaku et Gary Sakata et du remaniement du Gouvernement.

En effet, si pour le chef de l'État la demande paraît cohérente en vue de la sauvegarde de la coalition FCC-CACH, Félix Tshisekedi doit faire face à la pression de tous les partis politiques de l'opposition, les églises catholique et protestante, une partie de la société, mais aussi et surtout de l'UDPS, sa propre formation politique qui exigent la surseance de l'ordonnance de nomination de Ronsard Malonda à la tête de la CENI.

Dans ce jeu de pure politique, l'opinion ne sait à quel saint se vouer car personne des détracteurs du candidat président de la CENI n'a démontrer la responsabilité politique de Ronsard Malonda dans les supposées fraudes électorales imputées à l'équipe Nangaa Yubeluo lors de scrutins du 30 décembre 2018.

C'est dans cet imbroglios total que les langues se délient et que les fissures d'une démarche fragile apparaissent avec des enjeux aussi divergents que pluriels.

Acte I: de l'indépendance du processus

Les élections de 2018 ont été organisées sans le leadership des puissants de ce monde qui ont toujours accompagné le processus démocratique de la RDC depuis le dialogue inter congolais de Sun city, en passant par l'avènement de la 3ème République le 18 février 2006.

Ce partenariat, autre fois soumis sous le mandat de l'anciennement célèbre CIAT, avait octroyé un droit de regard de la communauté internationale sur la vie de la jeune démocratie congolaise.

Le volte-face du régime Kabila fils, fortement critiqué par ces anciens partenaires a poussé Kinshasa à lever l'option de financer entièrement les législatives nationales, provinciales et la présidentielle de 2018 afin de tenter de minimiser l'influence extérieure sur le processus.

"Pour eux, ces élections doivent absolument être jetées dans les oubliettes et pourtant, ces élections de décembre 2018 nous ont permis d'obtenir la passation pacifique du pouvoir entre un Président sortant et entrant pour la première fois en RDC. Un acte de maturité comme peuple. Il s'agit de sauvegarder cet acquis majeur", commente un professeur des relations internationales de l'Université de Kinshasa joint par election-net.com ce week-end.

Acte II: la guerre de positionnement

Le contrôle de la Commission Electorale Nationale Indépendante est aussi un enjeux de la politique intérieure avec des intérêts étrangers non étatiques. Il est vital pour plusieurs forces sociales et politiques de ce pays continent aux 80 millions d'habitants mais aussi de certains parrains basés à travers le monde d'avoir la main mise sur les élections congolaises.

Parmi les tireurs de ficelles, les multinationales qui cherchent à tout prix avoir le contrôle du processus électoral de la RDC en vue de la maîtrise des acteurs politiques issus de celui-ci pour la négociation des juteux contrats miniers, pétroliers, forestiers, industriels…

Pour l'UDPS, la réforme électorale passe avant tout processus de mise en place immédiate des animateurs de l'institution. Pour ce faire, le parti présidentiel tente dans la mesure du possible, disposé d'un poste de direction à la tête de la centrale électorale pour espérer aussi disposer au sein de l'institution car si dans l'actuelle législation, le président de la CENI est issu de la société civile, le vice-président, lui est de la majorité parlementaire.

Avec un "pro-Kabila" à la tête de l'institution et un adjoint issu des arcanes du FCC, Félix Tshisekedi aura tous perdu ou presque d'où l'obsession de ses lieutenants à vouloir jouer le tout pour tout afin de tenter de sauver une situation déjà volentile pour eux en l'absence d'une majorité parlementaire.

Du côté de l'opposition, la marge des manœuvres est trop limitée d'où il faut s'appuyer sur la société civile congolaise notamment l'églises catholique et protestante pour tenter de ne faire attendre que sa voix. Mais minée par des guerres de leadership, la portée de sa lutte est limitée sans l'appui de la société civile.

Acte III Ronsard Malonda, président de transition

Critiqué singulièrement pour avoir été à la tête de l'administration électorale depuis 2016, Ronsard MALONDA serait-il ce président de la Ceni à même d'accompagner aisément, les institutions de la République dans la réforme électorale réclamée au vue de son expertise en la matière à un temps et à moindre coût?, Une question à laquelle les différentes parties devront devoir répondre. Mais pour l'heure, toutes les cartes sont entre Félix Tshisekedi.

José-Junior Owawa

About Author

leave a comment

Powered by Google TranslateTranslate